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mardi 2 juin 2026
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SILA 2026: « 200 millions de chiffre d’affaires cette année»,Valentin Zahui (porte-parole du Sila)

Le Salon international du livre d’Abidjan (Sila) s’est tenu du 28 avril au 2 mai 2026. Le Tamtam Parleur dresse le bilan de l’évènement avec Valentin Zahui, Directeur de la programmation et porte-parole dudit Salon.
Le Tamtam Parleur : Pouvez-vous nous donner les chiffres du Sila 2026 ?

Valentin Zahui : Si nous devrions emprunter le lexique viticole, on pourrait dire que ce Sila a été un grand cru vu les bons chiffres enregistrés. Cette année, c’est 125 exposants contre 95 l’année dernière, pour une croissance de 31% et 200 000 visiteurs contre 125 000 en 2025, soit une croissance de plus de 60%. En termes de chiffre d’affaires, ça a été plus de 200 millions de francs CFA contre près de 111 millions l’année passée, donc une progression de plus de 70%. Et, nous avons eu plus de 25 pays participants.

Quelles ont été les principales innovations de cette édition ?

Il faut noter que cette année, nous avons eu ce qu’on appelle le Before Sila. Le 22 avril dernier, une semaine avant l’ouverture officielle du Salon, nous avons effectué un déplacement à Bouaké, qui cette année, était la ville hôte, pour un mini-Sila, qui a vu la participation de plusieurs acteurs de la chaîne du livre, en termes d’exposition, de panels, de rencontres, de réflexions, etc. Ça a été une forte mobilisation des populations au niveau de l’hôtel de ville. En tout cas, de leur point de vue, ça a été un moment extraordinaire. Deuxième innovation cette année, ce sont des espaces éphémères de lecture que nous avons organisés avec le Centre de lecture et de l’animation culturelle (Clac) du ministère de la Culture de de la Francophonie, dans 11 villes de l’intérieur du pays. Ce sont des espaces aménagés qui permettent à monsieur et madame tout le monde de s’arrêter, de prendre 5 minutes, 10 minutes, voire plus, pour lire des livres mis à leur disposition. Et c’est une expérience envisagée sur un mois, jusqu’au 27 mai. Et des retours que nous avons, ça se passe très bien. L’autre innovation cette année a été la Tombola parrainée par l’Union libanaise culturelle mondiale (ULCM) avec laquelle nous avons travaillé sur l’organisation du Sila, parce que, comme vous le savez, cette année, le pays invité à l’honneur, c’était le Liban. Et donc le Liban a été très présent à travers les membres de sa communauté vivant dans notre beau pays. Au cours de la cérémonie officielle de clôture, nous avons fait les différents tirages parce qu’il était convenu que chaque jour du salon, donc sur les cinq jours, il fallait avoir des tirages. Compte tenu des impondérables, cela n’a pas pu se faire. Et donc, les numéros gagnants sont connus, ont été communiqués publiquement. Et dans les jours qui viennent, au siège de l’ULCM, nous allons donc convier les différents lauréats à venir chercher leurs lots, qui sont des appareils électroménagers, des bourses d’études et plusieurs lots de qualité.

Qu’est-ce qui a motivé le choix du Liban comme pays à l’honneur ?

Pour le choix du pays à l’honneur, il faut faire observer que le Salon international du livre d’Abidjan est une création de l’Association des éditeurs de Côte d’Ivoire (Assedi). Ce sont donc ses membres qui en assemblée, décident du choix du pays à l’honneur. Le choix de l’auteur à l’honneur leur revient également. Pourquoi le Liban cette année ? Sans être dans le secret des dieux, je suppose que les éditeurs de notre pays ont voulu marquer le coup en tenant compte de l’importance de la communauté libanaise en Côte d’Ivoire, des bonnes relations entre notre pays et ce grand pays de culture et de littérature. Je pense aussi que c’était un choix du cœur pour exprimer notre soutien à ce pays frère et avec lui, tous les pays au Moyen-Orient qui souffrent de cette situation difficile.

L’auteur à l’honneur a remporté le prix national Bernard B. Dadié de littérature. Comment expliquez-vous cette coïncidence ?

La coïncidence auteur à l’honneur et le fait que ce dernier a été désigné comme Grand prix national Bernard Dadié de la littérature, de mémoire de visiteur et d’organisateur du Sila, c’est une première. Cependant, les textes en vigueur n’excluent pas l’auteur à l’honneur de la compétition. Donc ça a été possible. Si l’on tient compte de l’ensemble de l’œuvre de son excellence, Maurice Kacou Bandaman, et surtout sa dernière production, Sœur esclave, on pourrait dire, sans se tromper, que cette distinction est plus que méritée. Cela dit, effectivement, nous avons eu quelques observations de certains de nos concitoyens qui ont estimé qu’il ne fallait peut-être pas que l’auteur à l’honneur soit également candidat pour le Grand prix national. Comme je me plait à le dire au sein du commissariat général, nous sommes des personnes très sensibles aux observations des uns et des autres, et très ouvertes. Nous prenons acte de ces réserves-là, et nous allons réfléchir et puis, si besoin, nous aviserons.

Quelles sont les satisfactions et insatisfactions que vous notez pour cette édition ?

En ce qui concerne les points positifs, nous en avons plusieurs. En première position, la dimension populaire du Salon avec 200 000 visiteurs, comme nous l’avons souhaité. C’est très réconfortant pour nous qui avons l’ambition de faire de la promotion du livre et de la lecture, de démocratiser le livre ; c’est une excellente chose. Un autre point, ce sont les bons chiffres dont ce chiffre d’affaires de 200 millions de francs. Cela veut dire que les maisons d’édition, les auteurs et écrivains ont bien vendu. Cela est important pour le côté business. Nous notons aussi la croissance des chiffres au niveau des exposants, des visiteurs et des ventes. C’est au moins 60 000 livres vendus. L’autre point de satisfaction, ce sont les visites séparées du couple présidentiel. Le président de la République, son excellence Alassane Ouattara, a assisté à la cérémonie officielle d’ouverture du Salon. Le jour suivant, Mme la Première dame, Dominique Ouattara, nous a fait l’honneur de participer à une de nos activités majeures, qui est la Speaking Party, qui permet à des personnalités de références de venir partager aux plus jeunes l’expérience du livre, ce que le livre leur a apporté, comment est-ce que le livre les a aidés à se structurer. Ce fut un succès au regard des différentes personnalités présentes et du public jeune. L’autre point positif, c’est la qualité du programme professionnel qui a permis des échanges de valeur et des réflexions de haut vol. Il faut le savoir, le Sila, c’est l’exposition grandeur nature, mais c’est aussi un programme professionnel qui permet aux acteurs du livre de se retrouver, d’interagir, de s’enrichir mutuellement et d’établir des collaborations au nom du livre. L’autre point, c’est aussi la participation remarquable de plus de 100 bénévoles, des étudiants de l’Université Félix Houphouët Boigny, qui est notre partenaire, avec qui nous avons signé une convention depuis l’année dernière. Vraiment bravo à ces jeunes qui ont contribué activement à la réussite de ce Salon. J’ai vu certains s’impliquer dans des table-rondes, c’est dire qu’il y a de l’espoir pour ces jeunes. Contrairement à ce qu’on peut penser, ce sont des personnes responsables, qui savent également contribuer à la grandeur du pays. Les points d’insatisfaction, il y en a trois. Le premier, c’est le désagrément subi relativement à la continuité de la fourniture de l’électricité sur le site. Parfois, ça a dû impacter les évènements en cours. Il faut espérer que pour l’année prochaine, au niveau du parc d’exposition d’Abidjan qui est un endroit de référence pour notre pays désormais, toutes les dispositions soient prises pour éviter ce genre de situation. Le deuxième point, concerne le financement. Un Salon comme le Sila demande beaucoup d’argent. C’est entre 150 et 200 millions idéalement qu’il faut pour organiser un très bon Salon. Le financement n’est pas toujours au rendez-vous et ça nous freine beaucoup quand on prend en considération nos ambitions pour faire la promotion du livre, de la lecture et surtout concrétiser cette idée de faire du livre une cause nationale. Et le dernier point, il s’agit de quelques exposants qui ont oublié qu’ils étaient à un Salon inscrit à l’agenda mondial des Salons littéraires. Il n’est vraiment pas autorisé de faire des ventes à la sauvette, comme on en a vu. Ce sont des mauvaises pratiques qu’il faut donc bannir. Et l’année prochaine, nous veillerons à ce que les visiteurs aillent aux différents stands pour faire leurs achats. Il n’est pas question qu’il y ait des hôtesses ou des personnes qui circulent dans les allées pour vendre.

Quelles sont les perspectives pour le prochain Sila ?

Pour les perspectives relativement au Sila 2027 ou Sila 17, nous allons bientôt, au niveau du commissariat général, rentrer en laboratoire pour réfléchir, pour discuter, dans l’optique d’offrir à nos concitoyens, à toutes les personnes qui nous font l’amitié de vivre chez nous et ceux qui viennent spécialement pour le Sila, un Salon plus plaisant, plus valorisant pour les acteurs du livre, et par ricochet, un Sila qui donne une excellente image de notre beau pays.

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