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mardi 7 juillet 2026
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Djidji Ayôkwè: À qui appartient réellement le « tam-tam parleur » ?


Depuis le 20 février 2026, date de sa restitution officielle par la France, le Djidji Ayôkwè est redevenu la propriété de la Côte d’Ivoire. Arraché au peuple Atchan en 1916 par l’administration coloniale française puis restitué, ce tambour sacré soulève pourtant une question : appartient-il à l’État ivoirien ou aux sept villages Bidjan qui l’ont vu naître ?


Sculpté dans de l’iroko, long de 3,30 mètres pour près de 430 kg, le Djidji Ayôkwè servait à transmettre des messages entre villages et à alerter les populations, lors des opérations d’enrôlement forcé. Symbole de résistance, il est transféré en France en 1929, avant d’intégrer les collections du musée du Quai Branly-Jacques Chirac en 2006. Après une demande de restitution par la Côte d’Ivoire fin 2018, son retour devient effectif en mars 2026.

Le tambour n’a pas encore rejoint le musée des civilisations de Côte d’Ivoire. Une source ayant requis l’anonymat, nous confie « Le tambour n’est pas encore en notre possession. Toutefois, nous avons été informés qu’il sera exposé au musée».

Au ministère de la Culture et de la Francophonie, silence total. La Conseillère technique en communication de la ministre, Eliane Hervo, indique qu’« aucune communication officielle n’est prévue pour le moment sur le Djidji Ayôkwè ».

À Adjamé Village, l’un des sept villages Bidjan auxquels appartient le tambour, les populations attendent toujours de le voir. « Nous avons assisté à la cérémonie de son retour. Mais nous ne l’avons pas encore vu, car il est scellé. Il nous a été dit qu’il reviendra au village pour des rites traditionnels, avant de rejoindre le Musée», explique Olivier Dindi, notable chargé de la communication de la chefferie.

Un retour qui ravive la question de l’appartenance 

Sur le plan juridique, le Djidji Ayôkwè appartient désormais à l’État de Côte d’Ivoire, qui a obtenu sa restitution. Mais sur le plan culturel et historique, il demeure indissociable des Atchans.

Cette situation suscite des interrogations au sein de la communauté. Le jeune Atchan Djoman Sostène, estime que personne ne peut mieux décider de l’avenir du tambour, que ses détenteurs originels. « Cet objet fait partie de notre mémoire collective. Nous aurions souhaité être davantage associés aux décisions concernant son avenir», a précisé notre interlocuteur.

Pour ce fils Atchan, le débat dépasse la seule conservation. « Pourquoi ne pas laisser le peuple choisir ce qu’il souhaite pour son patrimoine ? Nous avons été associés aux cérémonies, mais avons-nous réellement participé aux décisions ? », s’interroge-t-il.

Cette réflexion renvoie à un débat plus large sur la restitution des biens culturels, où les choix de conservation demeurent souvent le résultat d’accords entre États, alors que les communautés revendiquent leur attachement culturel et spirituel aux objets restitués.

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