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dimanche 14 juillet 2024
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Art Oratoire: Comment le slam a transformé Noférima Fofana

Noférima Fofana est championne du monde du slam, depuis le samedi 11 mai 2024. Le sacre de la jeune ivoirienne de 24 ans est le fruit de la persévérance et du travail acharné. Le slam a impacté profondément sa vie. 

Issue d’une fratrie de six enfants, Noférima Fofana grandit dans la commune de Yopougon, au sein d’une famille très modeste. Ses parents exercent des petits métiers pour subvenir aux besoins de la famille. Dans ces conditions difficiles, l’adolescente d’alors, ses frères et sœurs sont tout de même scolarisés. La petite Noférima se démarque très tôt par ses excellents résultats scolaires. Elle est notamment une grande passionnée de lecture.

Une année de licence inachevée 

Si le parcours scolaire de l’élève qu’elle était s’est fait aisément, ses études supérieures sont freinées par le manque de moyens financiers. La jeune dame en donne la raison : « Ma mère vend des balais pour nourrir ses enfants. Faute de moyens, j’ai dû abandonner la possibilité de valider ma licence en journalisme ».  Cette situation n’a pas arrêté la jeune étudiante qui, dans le même temps, fait une rencontre qui va la transformer avec le slam. 

Coup de foudre pour le slam ! 

Cet art oratoire, elle le découvre par hasard et en tombe amoureuse. Elle est tout simplement subjuguée par « les rimes, la beauté, la façon dont les mots sont utilisés et maniés», déclare la championne. Et dire qu’elle n’avait jamais envisagé de devenir slameuse !   

«Dès que je l’ai découvert, j’ai été captivée », dira-t-elle.  Depuis,mademoiselle Fofana a intégré l’Association des poètes et slameurs de Port-Bouët. Au sein de cette organisation, elle y a fait ses armes, avant de se forger un style dans la discipline. Le slam devient pour elle – 

un canal pour promouvoir les valeurs culturelles de l’Afrique, mais aussi et surtout pour dénoncer les injustices, les violences, la stigmatisation. A travers le slam, Noférima Fofana qui, entre-temps, a passé avec succès l’admissibilité aux Ressources Humaines et Communication, raconte son histoire et ses souffrances. « Ce qui m’inspire le plus, ce sont les situations difficiles que je traverse », révèle la slameuse à Le Tamtam Parleur

Le courage transmis par sa mère

Fait rare dans notre société où la carrière dans le monde des arts et de la culture n’est que peu valorisée, les parents de la championne du monde de slam ne se sont pas opposés au choix de leur fille de faire cet art. Bien au contraire, ils ont trouvé les mots pour l’encourager, même s’ils n’y connaissent pas grand-chose. Leur fille le leur rendait bien. La slameuse n’hésitait pas à utiliser les réseaux sociaux pour vendre les balais de sa mère. Plus marquant encore, entre deux prestations scéniques, elle déballait le stock de balais qu’elle vendait. Bien que faisant parfois l’objet de railleries, elle était consciente que c’est ce petit commerce qui permettrait de subvenir aux besoins de la famille. 

 Révélée à la Côte d’Ivoire et au monde

En 2020, Noférima Fofana intègre le programme Jeunes Reporters de l’Unicef Côte d’Ivoire. Elle dispense des formations à ses cadets sur la prise de parole dans les médias et anime des émissions à la radio pour promouvoir les droits des enfants de Côte d’Ivoire. Trois ans plus tard, voilà la jeune dame championne de Côte d’Ivoire de slam. Ce titre lui permet de participer au championnat du monde de slam (Grand Poetry Slam) à Paris, cette année. Avec 89,4/90 points, Noférima Fofana classe son pays premier, devant la Belgique (88,8 points) et le Québec (88,6). Au regard de ce parcours inspirant, l’artiste des mots est aujourd’hui satisfaite de ce que le slam lui a donné : «Le slam m’a guéri. Grâce au slam, je suis 100% moi-même ; je me sens acceptée ».

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