La mode ivoirienne contribue entre 1 % et 2 % au PIB de la Côte d’Ivoire. Soit une valeur ajoutée annuelle comprise entre 550 et 1 200 milliards FCFA. L’exportation du textile ivoirien sous forme tissus, principalement le Wax, a atteint 39,36 milliards FCFA en 2019, selon l’étude « Textile, confection et mode en Côte d’Ivoire » de la coopération allemande GIZ.
Le secteur du textile en Côte d’Ivoire est avant tout dominé par l’informel. Difficile donc trouver des chiffres sur l’ensemble de la production et de la consommation de la mode en Côte d’Ivoire. Néanmoins, selon l’étude de la GIZ et les estimations des organisations professionnelles, le secteur est en plein essor. Les principales activités sont notamment l’impression des tissus, la fabrication des fils, la confection des vêtements et accessoires de mode par les unités industrielles, les couturiers et créateurs de mode, etc.
Production locale de tissus, fils et vêtements
Les acteurs locaux produisent tissus, pagnes, vêtements et accessoires de mode. Une partie de cette production est consommée localement et une autre, exportée. D’après notre étude, la production des tissus et fils est exportée principalement à destination des pays ouest-africains comme le Bénin (19%) ; le Burkina Faso (16%) et la Guinée. Par ailleurs, les unités ivoiriennes d’impressions de tissus, les plus en vue, sont TexCI et Uniwax. Cette dernière fabrique les pagnes Wax et Vlisco. Et ses besoins à couvrir annuellement se situent entre 22 et 28 millions de mètres. Quant à la confection des vêtements, c’est l’apanage des couturiers, stylistes, tailleurs, etc. L’on dénombre environ 30 000 à 50 000 couturiers qui animent 15 000 à 25 000 ateliers et, au moins, 100 grandes unités de confection (majoritairement en microentreprises ou indépendants) ; selon les estimations des organisations professionnelles et des chambres de métiers.

L’import / export des produits finis
La Côte d’Ivoire est reconnue comme un exportateur de produits finis confectionnés à base de textile. Il s’agit essentiellement des vêtements pour hommes, femmes et enfants, ainsi que des accessoires d’intérieur et de mode. En 2019, au moins 61 000 tonnes de ces produits finis ont été exportés. Ceux-ci sont destinés à la consommation de la diaspora africaine vivant en Europe et aux touristes qui visitent l’Afrique. Dans le même temps, au moins 67 000 tonnes des mêmes produits finis ont été importées.
La Côte d’Ivoire a aussi fait de l’exportation de fils et de tissus d’environ 1531 tonnes vendus au prix de 9,1 millions FCFA, la tonne. Et à l’inverse, 6849 tonnes de tissus et fils sont entrées sur le marché national au coût d’achat de 2,6 millions, la tonne. Le marché local reste également inondé par d’importants volumes de tissus et fils en provenance de Chine (46%) ; du Bénin (23%) et des Pays-Bas (19%).
Promotion et défis du secteur de la mode ivoirienne
L’Abidjan fashion week, plus grande manifestation de mode organisée en 2024 par le designer Elie Kuamé a mobilisé un budget de 316 millions de francs CFA, preuve que le marché de la mode locale est dynamique. Cependant, des obstacles ralentissent le développement de la mode locale. C’est le cas, entre autres, de la prédominance de l’informel ; la forte dépendance aux produits finis venants de l’étrangers et la friperie.
D’après plusieurs spécialistes de l’économie de la mode, l’intérêt grandissant des populations pour la friperie demeure un défi. Selon les statistiques douanières de 2023, la Côte d’Ivoire a importé environ 45 000 à 50 000 tonnes de friperie en provenance d’Europe et d’Amérique. Des importations dont la valeur se situe entre 26 et 35 milliards FCFA.
Le marché africain de la mode est estimé à plus e 17 000 milliards. Le secteur connait un une croissance annuelle moyenne de 10%. Selon un rapport 2023 de l’Unesco, la demande pour les articles africains de haute couture devrait connaître une progression de 42 % au cours des dix prochaines années.



