L’affaire Rita Djédjé qui défraie la chronique depuis quelques semaines, quitte les réseaux sociaux pour le palais de justice. Sept célébrités ivoiriennes sont poursuivies pour leur rôle dans ce dossier.
Adrienne Koutouan, Zahibo Jean alias John Jay, Geoffroy Serey Dié, Stéphane Agbré alias Apoutchou National, Aristide Dali Dago alias Pantcho le Gataire, Yeelen Virginie Kouamé alias Maa Bio, ainsi qu’Aboubacar Soumahoro alias Yaka Yaka de Paris sont les sept célébrités devant le procureur national financier du Pôle pénal, économique et financier, Aboya K. Jean-Claude, selon le communiqué de l’institution publié ce 7 octobre 2026.
Déférés avec la mise-en-cause Djédjé Grahon Rita Bénédicte, ils sont poursuivis « pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur du numéraire par appel public à l’épargne, abus de confiance, faux et usage de faux commis dans des documents administratifs, complicité d’escroquerie et blanchiment de capitaux ».
L’affaire trouve son origine dans plusieurs opérations de vente de terrains largement promues sur les réseaux sociaux par Rita Djédjé, à travers sa structure Ivoire Challenge Corporation. Au fil des mois, des souscripteurs ont commencé à signaler des difficultés liées à l’obtention de leurs parcelles. D’autres ont évoqué des démarches administratives restées sans aboutissement. Les réclamations se sont ensuite multipliées. Les victimes réclamant le remboursement intégral des sommes versées.
Des sommes colossales perçues auprès des souscripteurs
Selon le communiqué du procureur, les premiers élements de l’enquête ont permis de centraliser une soixantaine de plaintes contre Rita Djédjé à la Direction de la Police Économique et Financière. Madame Djédjé aurait perçu des sommes d’argent d’un montant provisoirement évalué à 320.701.500 FCFA. Les victimes auraient payé pour des parcelles sans propriété établie.
Le procureur décrit un mode opératoire précis. La promotrice apparait dans plusieurs vidéos, aux côtés de personnalités connues pour inciter les acheteurs. Certaines célébrités auraient incité les acquéreurs à souscrire. Elles auraient assuré la viabilité des projets immobiliers. D’autres auraient animé des groupes WhatsApp, vanté des projets et perçu des fonds pour la promotrice.
«Le Parquet National Financier tient à indiquer que toutes les dispositions sont prises pour faire la lumière sur cette affaire et situer la responsabilité de chacun des mis en cause».
Afin d’interrompre le trouble à l’ordre public, le magistrat a requis un mandat de dépôt à l’encontre de la principale suspecte. Le procureur rappelle par ailleurs que ce mode opératoire rejoint d’anciens dossiers d’escroquerie immobilière. La justice met en garde toute célébrité contre l’usage de sa notoriété à des fins délictuelles.
Hervée MONA



