La Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cameroun et le Nigéria viennent de créer l’Alliance pour la valorisation du cacao (Cocoa value addition alliance-CVAA). Les quatre plus grands producteurs africains de cacao ont signé la déclaration d’Abuja, le 14 juillet 2026, dans la capitale nigériane.
L’alliance vise à renforcer la transformation locale des fèves brutes du cacao. Les pays signataires de l’accord à eux seuls produisent 70% du cacao mondial. Mais, ces pays font face à l’absence d’une industrie de transformation locale capable de fabriquer des produits finis. Avec donc ¾ de la production mondiale qu’ils fournissent, les producteurs africains ne captent qu’une infime part dans la richesse générée par l’industrie du chocolat. Pour ces pays, la CVAA pourrait constituer, en plus de l’industrialisation, une force de négociation capable de peser sur les marchés internationaux. Et notamment sur les règles qui y sont fixées par les acheteurs, mais parfois au détriment des intérêts des producteurs. « Pendant un siècle, l’Afrique a envoyé son cacao au monde en sacs et l’a récupéré sous forme de produits emballés », a déclaré le ministre d’État nigérian à l’Industrie, John Owan Enoh, dans un communiqué publié le 11 juillet et annonçant la tenue du sommet. Dans ce sens, les pays de cette alliance conviennent d’adopter une stratégie commune face au règlement européen sur la déforestation (EUDR) qui entre en vigueur, le 30 décembre 2026. L’Union européenne, qui absorbe environ 60 % du cacao mondial, exige, sur la base de cette règlementation, la traçabilité complète de toutes les fèves entrant sur son marché. Mais les coûts liés à cette conformité imposée par l’UE sont à la charge des producteurs. L’alliance veut donc parler d’une même voix face à l’UE pour faire reconnaitre les systèmes nationaux de traçabilité. Ce qui pourrait faire éviter que les paysans africains supportent les frais de la réforme.
Des capacités de transformation encore limitées
En termes de transformation du cacao sur le continent, les capacités sont encore très limitées. Mais la Côte d’Ivoire dispose d’un tissu industriel d’une quinzaine d’unités avec une capacité de broyage de fèves d’environ 900 000 tonnes/an. Parmi lesquelles Transcao appartenant à l’Etat ivoirien, d’une capacité de 50 000 tonnes transformées l’an. Au Nigéria, un projet de construction d’une unité, la plus importante du pays, d’une capacité de 70 000 tonnes par an, est en cours d’installation et devrait ouvrir ses portes en 2027. Le Nigéria transforme entre 200 et 300 000 tonnes/an ; le Ghana revendique une capacité se situant entre 250 et 350 000 tonnes/an contre 70 à 100 000 tonnes pour le Cameroun.
D’après le communiqué du ministre de l’Industrie nigérian, les discussions, lors du sommet des 4, devaient porter sur le financement des projets de transformation, avec l’annonce attendue d’investissements dans le secteur.



