L’Initiative cacao Côte d’Ivoire Ghana (ICCIG) a exprimé sa vive préoccupation face au recours aux substituts du cacao et aux reformulations par les fabricants des produits chocolatés. C’était à travers un communiqué de presse signé du Secrétariat de l’Initiative rendu public le 12 août dernier.
Les membres de l’ICCIG ont affirmé que les substituts et les reformulations diminuent la proportion de cacao dans certains produits commercialisés comme chocolatés. Les deux grands pays producteurs ont reconnu que l’innovation et l’adaptation des recettes relèvent des choix des entreprises dans le respect des réglementations applicables. Cependant ils ont tenu à clarifier que : « elles ne doivent ni créer de confusion pour le consommateur ni affaiblir les objectifs économiques, sociaux et environnementaux poursuivis par les politiques de durabilité ». L’Initiative a invité les autorités de régulation, les organisations professionnelles, les industriels, les distributeurs et les organismes de normalisation à engager un dialogue structuré sur les conséquences économiques et sociales des pratiques de substitution et de reformulation. Et, à assurer la cohérence entre les exigences imposées aux producteurs, les règles de composition des produits, les mécanismes d’étiquetage et les engagements de durabilité. Dans ce sens, l’organisation appelle notamment à : une information claire du consommateur sur la teneur en cacao et sur toute substitution significative d’ingrédients issus du cacao ; une utilisation rigoureuse des dénominations et des allégations de durabilité, afin d’éviter toute présentation susceptible d’induire le consommateur en erreur ; une évaluation concertée des effets de la reformulation sur la demande de cacao, les revenus des producteurs et les investissements consentis pour la durabilité ; la mise en place d’un cadre permanent de concertation réunissant pays producteurs, industriels, régulateurs, distributeurs, organisations de producteurs et représentants des consommateurs.
Une communication claire, accessible et non ambigüe
Le communiqué mentionne, par ailleurs, que la crédibilité des engagements de durabilité suppose une cohérence entre l’origine responsable du cacao, la composition réelle des produits, leur dénomination et les allégations présentées au consommateur. Affirmant, d’autre part, que toute réduction substantielle ou substitution d’ingrédients issus du cacao devrait être communiquée de manière claire, accessible et non ambiguë. Les allégations environnementales, sociales ou éthiques associées aux produits devraient, en outre, demeurer proportionnées à la quantité et à la nature du cacao effectivement incorporé. Rappelant sa place déterminante dans l’approvisionnement mondial en cacao, l’ICCIG indiquera que les producteurs ivoiriens et ghanéens sont tenus de répondre à des obligations de plus en plus exigeantes en matière de traçabilité, de lutte contre la déforestation, de conformité sociale et de qualité. Puis d’ajouter que la mise en conformité mobilise des investissements importants tandis que l’amélioration durable du revenu des producteurs demeure une priorité. L’initiative a noté, également, qu’il est contradictoire que les efforts qu’elle entreprend s’accompagnent, à l’aval, d’une diminution insuffisamment transparente de part de cacao incorporée dans les produits finis.
L’ICCIG pour le dialogue avec tous les acteurs
La Côte d’Ivoire et le Ghana se sont dits disposés à poursuivre, de bonne foi, les échanges avec les industriels, les régulateurs, les partenaires techniques et scientifiques ainsi qu’avec les organisations de consommateurs. Car ont-ils affirmé « Une économie cacaoyère véritablement durable exige une responsabilité partagée et une cohérence effective à chaque étape de la chaîne de valeur. Les efforts croissants demandés aux producteurs doivent trouver leur juste contrepartie dans la valorisation du cacao, la transparence des produits et une répartition plus équitable de la valeur ».



