En moins de douze mois, au moins 72 autobus de la Société des transports abidjanais (Sotra) ont été entièrement détruits dans trois incendies majeurs recensés à Abidjan. Le dernier, survenu dans la nuit du 5 au 6 septembre 2026 au dépôt 5 de Koumassi, a fait 40 bus entièrement calcinés et 15 autres endommagés. Une série de sinistres qui pose à nouveau la question de la sécurité des installations et de la prévention des incendies au sein de la compagnie publique.
Le chiffre est lourd. 40 autobus entièrement calcinés et 15 autres endommagés. C’est le bilan provisoire du sinistre survenu vers 2 heures du matin, dimanche 6 septembre 2026, au dépôt 5 de Koumassi. Aucun décès ni blessé n’a été enregistré. Selon les premiers constats, le feu serait parti d’un autobus stationné pour des opérations de maintenance, avant de se propager aux véhicules voisins. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de l’incendie.
32 bus consumés en 2025
Ce nouveau sinistre intervient après deux autres incendies majeurs enregistrés en 2025. Le 20 octobre 2025, un incendie avait détruit 13 autobus à la gare Sotra de Koumassi, un site consacré notamment à la réparation et à l’entretien des véhicules. Un peu plus d’un mois plus tard, le 28 novembre 2025, le dépôt n°9 d’Abobo était à son tour frappé par un incendie. 19 autobus, placés en maintenance, avaient alors été détruits. Ce qui portait déjà le nombre d’autobus incendiés à 32 en 2025.
Le cumul de ces trois principaux sinistres porte ainsi à 72 le nombre d’autobus entièrement détruits par le feu entre octobre 2025 et septembre 2026. À ces véhicules entièrement détruits s’ajoutent ceux qui ont été endommagés. Pour le seul incendie du 6 septembre 2026, 55 autobus ont été touchés, dont 40 complètement détruits.
Même les bâteaux-bus n’échappent pas aux flammes
La série des incendies ayant touché les moyens de transport de la Sotra ne concerne pas uniquement les autobus terrestres. Le 30 décembre 2025, deux bateaux-bus ont été détruits par un incendie à la gare lagunaire de Treichville. Le feu s’est déclaré vers 22h15 à bord du bateau-bus Anoumanbo, immatriculé 4054, alors qu’il était amarré au quai. Les flammes se sont ensuite propagées à un second bateau-bus, Taboutou, immatriculé 4060, également stationné à proximité. Les deux embarcations ont été entièrement détruites. Aucun décès ni blessé n’a été signalé. Selon les premières informations communiquées après le sinistre, l’origine du feu n’avait pas encore été déterminée. Fait notable, les deux bateaux-bus avaient fait l’objet d’inspections techniques annuelles sous la supervision de la Direction générale des affaires maritimes et portuaires (DGAMP). Le Taboutou avait été inspecté le 20 juin 2025, tandis que l’Anoumanbo avait subi son contrôle le 24 décembre 2025, soit seulement six jours avant l’incendie.
Plus de 7 milliards de dommages
Au-delà du nombre de bus partis en fumée, la série d’incendies représente également une importante perte économique pour la compagnie publique. Si l’on s’en tient à une déclaration faite par Ibrahim Tiémoko Coulibaly, directeur de la Division production de la Sotra, lors d’une campagne de sensibilisation menée à San-Pédro en 2025, le coût d’un autobus était alors estimé à environ 100 millions de FCFA. Sur cette base, la destruction de 72 autobus représenterait une valeur d’au moins 7,2 milliards de FCFA. Il s’agit toutefois d’une estimation de la valeur des véhicules détruits et non d’un bilan financier officiel des dommages. Le coût réel pourrait être supérieur en prenant en compte les autobus endommagés mais aussi et surtout les incendies de bâteaux-bus qui ont laissé de nombreux Ivoiriens sans voix l’année dernière.
Au-delà des pertes matérielles, l’enjeu est aussi celui de la continuité du transport public à Abidjan. La Sotra assure avoir pris les dispositions nécessaires pour maintenir le service. Mais la répétition des sinistres en moins d’un an inquiète et pose la problématique de la surveillance des dépôts, les dispositifs d’alerte et les moyens de lutte contre les incendies dans des sites où plusieurs dizaines de véhicules sont stationnés.
Cet incendie qui a embrasé la quarantaine de bus intervient à seulement quelques jours de la rentrée scolaire. Période pendant laquelle ces engins de transport en commun sont fortement sollicités.




