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Cohésion sociale et hospitalité: Mahoua S.B. exhorte les Ivoiriens à renouer avec leurs valeurs du passé

Dans les lignes suivantes, attribuées à Alain Okou Djalega, la romancière Mahoua S. Bakayoko appelle les Ivoiriens de tout bord politique et groupe ethnique à revivre comme ils le faisaient naguère : dans la fraternité, la tolérance et l’hospitalité. Voici les bonnes feuilles de cette chronique disponible sur sa page Facebook.

« À un moment donné il faut bien qu’on se dise la vérité pour ne pas être complices  d’un certain fait mensonger du fait des politiques. La Côte d’Ivoire que j’ai connue et que je connais encore aujourd’hui, (…) est la Côte d’Ivoire où quand je partais encore au primaire, pendant la période de Ramadan,  j’étais plus heureux que mes amis musulmans ou encore nordistes musulmans. Pour cause, mes frères et moi on guettait toujours dans la cour  de l’école celui qui allait partir sonner la cloche afin de se dépêcher pour être le premier à arriver à la maison. Pour cause, toutes les familles musulmanes de notre cour  ( cour commune) et les cours voisines chacune envoyaient de la bouillie accompagnée de gnômi ( NDLR : beignets de mil) ou autres galettes aux familles non musulmanes et cela était devenu une tradition chaque année. Je me rappelle encore comme si c’était hier de la bouillie de la mère de Moussa et celle de la mère de Fousseni. Je reconnaissais leurs soupières : c’étaient les bouillies les plus sucrées d’entre elles toutes. Comme on recevait en moyenne une dizaine de soupières, le premier à arriver d’entre mes frères sautait sur les deux soupières citées. Les jours des fêtes musulmanes, comme chrétiennes, c’était pareil. Chaque famille partageait avec les familles dont ce n’était pas la fête, les repas garnis.

À l’école, aucune différence entre nordiste, sudistes  , ceux de l’Ouest ou de l’Est . Pareil avec nos mamans au marché qui cohabitaient sans aucune différence. Quand il y avait des naissances,  des mariages, des événements heureux comme malheureux c’est tout le monde qui apporte son soutien, sans distinction aucune de région ou de religion. Quand on affectait les jeunes élèves après leur entrée en sixième ou leur BEPC, dans les régions où ils ne connaissaient personnes, les familles qui étaient reconnues pour accueillir les élèves comme tutrices étaient les familles musulmanes ou encore  nordistes  .

De la même façon dans n’importe quelle région de la Côte d’Ivoire, vous trouverez des Dioulabougou qui vivent en parfaite harmonie avec les autochtones des régions non nordistes qui les ont accueillis. Vous regardez partout à Abidjan et ailleurs les grosses constructions sont pour les nordistes ou encore musulmans. Mes meilleurs amis ont été et sont des nordistes et quelques-uns d’autres régions et religions.

En vrai et pour de vrai la xénophobie , le tribalisme n’ont  véritablement jamais existé en Côte d’Ivoire. Ils ont  été jetés dans nos mœurs et amplifiés  par des politiques et leurs relais d’intellectuels (…) motivés que par leur besoin stomacal, à partir de 1999, avec des conséquences  désastreuses.

(…)

C’est cette Côte d’Ivoire de partage  et intelligente que j’ai dans mes relations avec mon entourage . » Okou Alain Djalega

Mahoua S. BAKAYOKO (écrivain)

NDLR : Les titres et le chapeau sont de la rédaction.

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