Environ 1 500 conflits fonciers ont été enregistrés dans les régions du Tonkpi et du Guémon entre janvier et septembre 2026, soit près de 35 % des 4 396 cas recensés sur l’ensemble du territoire national. Les deux régions de l’Ouest de la Côte d’Ivoire apparaissent ainsi parmi les zones les plus touchées par les litiges fonciers, selon le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Vagondo Diomandé.
Sur les 4396 conflits fonciers enregistrés de janvier à septembre 2026, la région du Tonkpi et celle du Guémon ont enregistré à elles seules près de 1500 cas, soit près de 35% des conflits fonciers. C’est ce qu’a révélé le premier responsable de la sécurité intérieure à l’occasion du Forum national sur le foncier et la cohésion sociale qui s’est tenu à Yamoussoukro. Dans le détail, le Tonkpi, qui regroupe les départements de Biankouma, Danané, Man, Sipilou et Zouan-Hounien, comptabilise 756 conflits fonciers, soit 17,6 % du total national. Le Guémon, comprenant les départements de Duékoué, Bangolo, Kouibly et Facobly, arrive avec 734 cas, représentant 17,1 % des conflits enregistrés. Ces chiffres dressent une cartographie préoccupante d’un phénomène qui constitue régulièrement une source de tensions entre communautés et donne du fil à retordre aux autorités administratives, notamment aux préfets et aux sous-préfets.
Près de 12 conflits fonciers par jour
À l’échelle nationale, les chiffres communiqués par le ministre font apparaître une moyenne d’environ 12 conflits fonciers enregistrés chaque jour. Entre janvier et septembre 2026, ces litiges ont affecté 2 319 villages sur les 8 632 que compte la Côte d’Ivoire, soit 26,86 % des villages du pays. Au-delà des conséquences sociales et économiques, certains conflits ont également dégénéré en violences. Seize décès ont ainsi été enregistrés sur la période concernée.
Malgré l’ampleur du phénomène, les autorités font état de résultats dans le règlement des litiges. Sur les 4 396 conflits fonciers recensés, 2 276 ont été réglés, selon les données présentées par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Ces chiffres montrent toutefois que plus de 2 000 situations demeuraient encore à traiter au moment de la présentation du bilan. Face à cette situation, le général Vagondo Diomandé a appelé les autorités préfectorales à renforcer leur action préventive afin de réduire les risques d’escalade et d’affrontements liés aux questions foncières.
Les préfets appelés à renforcer la prévention
Plusieurs axes majeurs ont été dégagés pour guider l’action des préfets et des sous-préfets. Il s’agit notamment de mieux connaître les territoires et leurs dynamiques, d’identifier et d’observer les « signaux faibles », mais également de maintenir un dialogue permanent avec les populations. Le ministre préconise également la mise en œuvre d’actions préventives, ainsi qu’une meilleure prise en compte du rôle du corps préfectoral dans la chaîne foncière. À travers ces orientations, les autorités entendent renforcer l’anticipation et le règlement des différends avant qu’ils ne dégénèrent en affrontements communautaires.



