Le procureur de la République, Braman Koné, a livré mercredi 16 septembre 2026 de nouveaux éléments de l’enquête sur les démolitions à Koumassi Campement. Alloui Brou Jacques, arrêté depuis juin, reste détenu « pour sa propre sécurité ». Le gouverneur du district d’Abidjan, Cissé Bacongo, a été entendu, tandis qu’une requête est en cours pour obtenir la levée de l’immunité parlementaire du député de Gouméré-Tabagne, Diabagaté Moussa. Au total, 250 lots couvrant 6 hectares 88 ares ont été démolis, selon les précisions du procureur.
Arrêté le 18 juin 2026 à Port-Bouët, dans le quartier de Terre Rouge, Alloui Brou Jacques demeure en détention dans le cadre de l’enquête sur les démolitions intervenues à Koumassi Campement. Face à la presse mercredi, le procureur de la République, Braman Koné, a indiqué que le mis en cause se trouvait dans « un endroit sécurisé ». Il a également précisé qu’Alloui Brou Jacques « se porte » bien et reçoit des visites de ses proches. Pour le procureur, son maintien en détention répond notamment à un impératif de sécurité. « Garder Alloui Brou, c’est sauver sa vie », a-t-il déclaré, estimant que sa libération pourrait l’exposer à la « vindicte populaire » au regard des dégâts provoqués par l’opération de démolition.
6 hectares 88 ares pour 250 lots démolis
La conférence de presse a également permis de préciser l’ampleur exacte de la zone concernée par les démolitions. Contrairement aux informations faisant état d’une superficie de 34 hectares, le procureur a indiqué que les vérifications effectuées auprès des services du cadastre établissent à 6 hectares 88 ares la superficie de la zone effectivement impactée. Au total, 250 lots ont été démolis. Là où 28 disposaient d’ACD, 4 d’un titre foncier, 5 dossiers de morcellement en cours… Braman Koné a expliqué s’être lui-même rendu sur les lieux avant de solliciter les services du cadastre afin d’obtenir une évaluation précise de la superficie concernée. Cette précision permet ainsi de distinguer la zone effectivement touchée par les démolitions des superficies plus importantes qui avaient circulé dans les premières informations relatives à cette affaire.
Cissé Bacongo entendu par les enquêteurs
L’enquête s’est également intéressée au rôle du district autonome d’Abidjan. Selon le procureur, le gouverneur du district d’Abidjan, Cissé Bacongo, a été entendu dans le cadre de cette procédure. Interrogé sur les raisons de l’intervention du district, le gouverneur aurait expliqué avoir agi dans le cadre de la mise en œuvre du plan ORSEC, dispositif destiné à organiser les secours en situation de catastrophe majeure ou de sinistre grave.
Le procureur a toutefois été interrogé sur les conséquences judiciaires éventuelles d’une implication du gouverneur dans les faits faisant l’objet de l’enquête. Braman Koné a rappelé que le ministre-gouverneur est placé sous l’autorité du Premier ministre et a évoqué les dispositions constitutionnelles relatives à la responsabilité des membres du gouvernement. Il a notamment cité l’article 158 de la Constitution, en indiquant que, selon la situation juridique retenue, la Haute Cour de justice ou la Cour de cassation pourrait être concernée.
À ce stade, l’enquête doit encore permettre de déterminer les responsabilités éventuelles des différentes personnes entendues ou citées.
Une requête pour lever l’immunité du député Diabagaté Moussa
Autre personnalité citée dans le dossier : le député de la circonscription de Gouméré-Tabagne, dans le département de Bondoukou. D’après les déclarations du procureur, le parlementaire aurait joué un rôle dans la coordination et le financement de l’opération de démolition. Il lui est également attribué, selon le procureur, le fait d’avoir convaincu le fils d’Alloui Brou Jacques de convaincre son père de publier une vidéo dans laquelle ce dernier revendiquait l’opération.
Pour pouvoir entendre le député dans le cadre de l’enquête, une requête visant la levée de son immunité parlementaire est actuellement en cours, a annoncé Braman Koné. Le procureur a expliqué que cette audition est nécessaire pour permettre aux enquêteurs de disposer de l’ensemble des éléments avant de déterminer précisément les responsabilités dans cette affaire.



