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mercredi 25 février 2026
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Qualité du cajou : 600 acteurs formés par le Conseil coton, anacarde, karité

La formation de la centaine de producteurs, d’acheteurs et de pisteurs du département de Kouto, ce vendredi 20 février, a mis fin à la campagne de sensibilisation de 400 producteurs, 200 acheteurs et pisteurs réunis. Ceux-ci ont été formés aux bonnes pratiques pour l’amélioration de la qualité de la noix de cajou brute. L’activité a été réalisée par le Conseil coton, anacarde, karité dans quatre localités des régions du Poro et de la Bagoué, du 16 au 20 février 2026.

Les bonnes pratiques progressent

Le représentant du Conseil coton, anacarde, karité, tout au long de cette mission, Traoré Ali Ben Chérif, par ailleurs, Assistant à la commercialisation intérieure, dresse un bilan satisfaisant. Il confie à Le Tamtam Paleur que les producteurs ont apprécié positivement les séances de sensibilisation dans les quatre localités. Selon lui, les producteurs ont exprimé leurs attentes et aussi expliqué les raisons qui les amènent jusqu’ici à ne pas bien appliquer les bonnes pratiques. Prenant le cas de l’utilisation de la ficelle pour séparer la noix de la pomme, M. Traoré relate que les producteurs estiment que la méthode est lente, c’est pourquoi ils préféraient se servir de leur main. Cependant, a-t-il ajouté, « avec des démonstrations et exercices pratiques, séance tenante, ces producteurs se sont rendu compte que la ficelle était plus rapide que la main ». Laquelle se salissait et il fallait la laver, avant de continuer. Le Tamtam Parleur a voulu savoir aussi avec son interlocuteur, s’il y avait des changements remarquables sur le terrain, depuis plusieurs années. Traoré Ali a répondu, en ces termes : « Les années passées, on remarquait que les champs étaient beaucoup serrés, mais aujourd’hui avec la sensibilisation du Conseil et ses partenaires, dont l’ANADER, l’espacement des pieds d’anacarde est en train d’être respecté. Ceux qui ont accepté de couper leurs arbres ont joui de retombées ; ils ont amélioré leur production, de même que leurs revenus. Cela motive d’autres à suivre la même voie ». Poursuivant, il a assuré, en outre, que grâce aux actions de sensibilisation du Conseil, la Côte d’Ivoire occupe la première place mondiale, avec une production de plus de 1 million 500 mille tonnes. Et que le plus gros défi à relever reste la qualité. Toujours, selon le représentant du Conseil, les producteurs essaient de suivre les guides pratiques, même si le pas est lent à certain niveau.  En effet, il y a encore des résistances aux bonnes pratiques dues à l’ignorance de la majorité des producteurs. Tandis que pour certains, il s’agit de la peur de croire qu’ils vont diminuer leur production et leurs revenus en coupant des arbres, quand on leur demande de faire l’espacement des pieds. Notre interlocuteur fait comprendre qu’en demandant à un producteur de couper 4 pieds sur les 10 qu’il possède tout lui expliquant qu’il produira plus, il lui est difficile de l’assimiler aussi facilement. « Ceux qui ont accepté au départ de prendre le risque, malgré eux-mêmes, ont vu leurs rendements augmenter l’année suivante. Et grâce à leurs témoignages, la sensibilisation se passe désormais de bouche à oreille », a détaillé M. Traoré. Le représentant du Conseil a indiqué que les producteurs ont toujours besoin d’être accompagnés comme il le fait et qu’il va continuer afin de permettre aux producteurs de bien travailler et produire de l’anacarde de qualité pour l’image de la Côte d’Ivoire à l’international. Les acheteurs ont été associés aux rencontres de sensibilisation. Ceux-ci passent pour être un maillon clé de la qualité des noix de cajou aux yeux du Conseil. Ces derniers ont été sensibilisés sur la nécessité d’acheter des produits de bonne qualité. Les spécialistes ont demandé, avant d’acheter, qu’ils s’assurent que les noix sont bien sèches, bien triées et conditionnées, dans des sacs recommandés.  

La rencontre de Kouto a été présidée par le secrétaire général de la préfecture (3e, à partir de la droite) accompagné du sous-préfet central.
 

Un prix du meilleur village producteur de la qualité

Peut-on alors dire que les objectifs du Conseil sont atteints à l’issue de cette activité ? Oui, répondra Ben Chérif qui a souligné, entre autres,l’intérêt manifesté par les producteurs pour les formations ; mais aussi le dialogue avec eux où ils ont exprimé leurs différentes préoccupations. Et surtout, leur volonté de se conformer aux bonnes pratiques pour produire de la qualité et augmenter leurs gains. A ce propos, il a relaté une anecdote. Au cours de la séance de Kouto, un producteur a pris la parole pour s’engager publiquement à couper le surplus de ses anacardiers, dès le lendemain, pour respecter la règle de séparation.  Et pour s’assurer que les producteurs vont mettre en pratique les techniques qu’ils ont reçues et pour s’assurer que le défi de la qualité sera relevé, le Conseil a misé sur l’émulation et la stimulation des acteurs. Ainsi donc, il est créé un prix du meilleur village producteur de la qualité, à partir de la prochaine campagne, qui sera décerné en 2027. Le village lauréat bénéficiera de la réalisation d’infrastructures de son choix par le Conseil coton, anacarde, karité. De leur côté, les agents de l’ANADER continueront la sensibilisation auprès des producteurs. Ils feront des visites inopinées dans les champs pour suivre et encourager la mise en œuvre des techniques et bonnes pratiques par les producteurs.

Les participants ont suivi avec attention les explications des experts.

Le package pour des noix de qualité

Les bonnes pratiques sont, entre autres, l’espacement des pieds d’anacarde de 10 mètres et du respect des 100 pieds à l’hectare ; la séparation de la noix et de la pomme avec une ficelle ; le ramassage régulier à intervalle de deux jours des graines tombées dans les champs ; le séchage sur des claies durant trois jours ; le conditionnement dans les sacs en jute et l’interdiction des sacs en plastiques ; le stockage dans des magasins aérés et sur des palettes. Et pour ce qui concerne la santé des arbres, les producteurs ont été outillés à l’hygiène de leur champ. Ils devront rendre l’intérieur de leur plantations propres, en ramassant les branches mortes, ainsi que les alentours. Ceci afin de lutter efficacement contre les insectes qui attaquent les arbres et leur causent plusieurs maladies affectant la qualité des fruits. Tout comme à Kouto, à Sohouo, Boron et Ganaoni, respectivement dans les départements de Korhogo, Dikodougou et Boundiali, les mêmes techniques et stratégies, ainsi que les bonnes pratiques, ont été enseignées aux participants. L’objectif est de permettre une production de noix de cajou de qualité pour l’image de la Côte d’Ivoire. Formations assurées par Dr Soro Sibirina, Coordonnateur du programme national de recherche sur l’anacarde (DC/PNRA) et Soro Klotioloma, Coordonnateur des filières coton, anacarde, mangues et foresterie à l’ANADER.

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