La bataille de la production gagnée avec plus d’1 million 500 mille tonnes produites en 2025, la Côte d’Ivoire est désormais confrontée au défi de la qualité de sa production. C’est désormais l’objectif poursuivi par le Conseil coton, anacarde, karité dans sa stratégie d’amélioration de la qualité des noix brutes de cajou.
Au total, vingt-huit missions de sensibilisation couvrant 28 localités dans le bassin anacardier sur le territoire devront être organisées. Le mardi 16 février 2026, un groupe de 100 producteurs et 50 acheteurs issus des villages de la sous-préfecture de Sohouo à une quinzaine de kilomètres de Korhogo ont reçu une formation sur les techniques et les bonnes pratiques pour produire du cajou de bonne qualité et à même d’être acheté à de meilleurs prix sur le marché.
Les meilleures pratiques pour un cajou de bonne qualité
Soro Klotioloma, Coordonnateur des filières coton, anacarde, mangue et foresterie à l’ANADER et Dr Soro Sibrina, Coordonnateur du programme national de recherche sur l’anacarde (DC/PNRA) ont outillé les participants sur les stratégies et les bonnes pratiques et la gestion des vergers au niveau sanitaire, cultural et de la récolte. Pour les experts, il faut bien nettoyer la plantation ; laisser le fruit tomber ; le ramasser tous les jours, au plus, chaque deux jours ; séparer la noix de la pomme avec une ficelle ; faire le séchage sur les claies pendant deux à trois jours et procéder au triage pour enlever les corps étrangers et les noix défectueuses. Après quoi, il faut mettre les noix sèches dans les sacs en jute remis par le Conseil ; puis, les conserver sur des palettes dans des magasins bien aérés et étanches.

Comment savoir qu’une noix est de bonne qualité ? Soro Klotioloma explique qu’on peut à l’œil nu reconnaitre une noix de qualité si elle a une couleur grise. Mais selon lui il y a d’autres critères plus techniques pour mesurer la qualité. Le premier c’est le grainage qui consiste à compter le nombre de grains par kilo. Si le nombre est inférieur à 180 cela signifie que le produit est de bonne qualité ; jusqu’à 200 c’est une qualité moyenne et si le nombre va au-delà de 200 pour atteindre 280, il est déconseillé de vendre le produit car il est de mauvaise qualité. Il cite aussi le taux d’humidité qui est mesuré à l’aide de l’humidimètre. Enfin, comme dernier critère, il y a le taux de défauts. Celui-ci est mesuré à partir du Kermel Outturn Ratio (KOR) qui est le ratio entre le poids de la noix et de l’amande. Ainsi donc, un KOR de 47 et plus, est meilleur ; de 47 à 44, il est moyen et, en dessous de 44, il est négatif. Les experts ont aussi préconisé la mise des anciennes plantations à la bonne densité à savoir une séparation de 10 mètres entre les pieds et au plus 100 pieds pour un hectare. Cela permettrait de lutte contre les maladies qui attaquent les anacardiers et jouent sur la qualité des productions. A ce propos, un programme de réhabilitation est déjà lancé et, il est demandé aux producteurs qui ont souvent plus de 1000 arbres dans leurs plantations de s’inscrire dans le processus pour permettre de couper ces arbres en trop. Sur le plan biologique, il y a des produits bio pesticides qui sont conseillés.
La qualité du cajou, un défi à relever !
Pour bénéficier d’un meilleur prix d’achat, il faut miser sur la qualité. « Les prix sont fixés en fonction de la qualité », fait savoir Dr Mariam Ouattara directrice de la production et de la durabilité du Conseil coton, anacarde, karité. Ce qui justifie, par ailleurs, que cette campagne de sensibilisation prend en compte les différents acteurs impliqués dans la chaîne de production du cajou depuis les producteurs, acheteurs, transporteurs, jusqu’aux exportateurs en passant par les pisteurs. « La qualité ne dépend pas d’un seul acteur mais de l’ensemble des acteurs car chacun a un rôle a joué », soutient Mariam Ouattara. Selon elle, la Côte d’Ivoire a gagné le pari de la production, maintenant le défi c’est de relever la qualité.
Pour Adama Fofana, acheteur de son état et représentant de l’Organisation interprofessionnelle anacarde (OIA), le problème de la qualité est crucial car il pénalise tous les acteurs. Citant le cas des acheteurs, il explique que lorsque ceux-ci achètent des noix de mauvaise qualité, une fois au port, les exportateurs après l’analyse rachètent à des prix beaucoup bas. Cela occasionne des pertes importantes pour les acheteurs. Pour lui, la formation leur permettra de maitriser les techniques d’appréciation de la qualité des noix de cajou et de pouvoir mener plus efficacement leur activité d’achat aux producteurs et de vente aux exportateurs.



