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jeudi 22 janvier 2026
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Noix de cola: Un secteur à la recherche d’un second souffle !

La Côte d’Ivoire, premier exportateur mondial de noix de cola, en produit chaque année près de 100 000 tonnes, selon le Centre national de recherche agronomique (CNRA). Mais cette filière, qui fait vivre plus de 2 000 producteurs, traverse depuis quelques années une zone de turbulence : la production s’essouffle et les débouchés internationaux restent difficiles d’accès. Malgré ces obstacles, le secteur pourrait retrouver un nouveau dynamisme, porté par la résilience de ses acteurs et les initiatives en cours.

Entre 2010 et 2022, la production de la  noix de cola est passée de 67 000 tonnes à 58 640 tonnes. Cela représente une baisse de 12,5 %. C’est ce qu’a constaté la plateforme mondiale spécialisée dans l’intelligence économique agricole et le commerce des produits alimentaires. Ce recul de la production s’est également reflété sur l’exportation. Le volume de noix de cola exporté par la filière a baissé de 21,2 %, s’établissant à 23 000 tonnes en 2023 selon les données statistiques sur le commerce extérieur publiées par la Direction des douanes. Parallèlement, les recettes générées ont également baissé, s’affichant à 1,5 milliard de francs CFA en 2023, soit 16,7 % de moins que l’enveloppe engrangée un an plus tôt.

Un marché sous-régional difficile d’accès

« La transformation et le marché concurrentiel sont les défis actuels du secteur de la cola », a fait savoir Bosso Adolphe, directeur exécutif de l’Appexcoci (Association des producteurs et exportateurs de cola). Il a expliqué à Le Tamtam Parleur que la transformation est limitée à un stade résiduel avec une seule structure officiellement connue. S’agissant de la concurrence, notre interlocuteur regrette que le marché régional soit très fermé. Pour lui, la politique de libre-échange sous-régionale n’est pas appliquée. « Si vous voulez écouler votre production sur le marché de la sous-région, il faut avoir obligatoirement un tuteur sur place à qui vous remettez votre stock pour qu’il le vende », affirme-t-il avant de confier que cela n’est pas sans risque. Selon un rapport du CNRA intitulé « Programme café-cola 2020-2023 », le système de production de la noix de cola est resté proche de la cueillette, caractérisé par l’exploitation d’arbres spontanés de la forêt ou disséminés dans les vergers de caféiers et de cacaoyers. Toujours selon ce rapport, la cola culture est également confrontée à la forte pression parasitaire et au vieillissement du verger existant. Ces défis importants n’ont cependant pas sérieusement entamé la vitalité de ce secteur, dont les perspectives s’annoncent encourageantes.

L’exportation de la noix de cola est un défi pour le secteur

La noix de cola, dans le trio des produits agricoles cotés en Bourse

Depuis le 28 mai 2025, la Côte d’Ivoire a lancé la Bourse des matières premières agricoles (BMPA) à Abidjan. Parmi les trois produits agricoles cotés figure la noix de cola, aux côtés de la noix de cajou et le maïs.  Alors qu’elle est bien moins en vue par rapport aux deux autres produits, la noix de cola peut désormais gagner en visibilité, grâce à la nouvelle structuration du marché agricole national qui se dessine. Pour les autorités ivoiriennes, l’inclusion de la noix de cola dans la BMPA est une réponse aux défis auxquels est confronté le secteur. La Côte d’Ivoire veut ainsi apporter de la transparence et de la structuration à cette filière jusque-là dominée par l’informel. Lors de la première séance de cotation, la noix de cola s’est échangée à 1000 FCFA le kilogramme, contre 440 FCFA pour la noix de cajou et 220 FCFA pour le maïs. Des indices encourageants, qui offrent de bonnes perspectives pour la relance d’une filière en recul ces dernières années.

Olivier VALERE

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