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mercredi 4 février 2026
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Mobilité durable: « Faire de la Côte d’Ivoire, un hub régional », Esther Dagri, experte des véhicules électriques

Esther Dagri est catégorique et presque péremptoire : « La transition vers la mobilité électrique doit être comprise comme un changement d’habitude de consommation et un enjeu de santé publique ». Pour cette entrepreneure expérimentée, experte dans les infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE), l’enjeu des transformations actuelles est à la fois écologique et social : réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en rendant le véhicule électrique accessible à tous.

Le Tamtam Parleur : Quel bilan faites-vous, après deux ans d’activité ? 

Esther Dagri : En deux ans, nous avons créé un marché qui n’existait pas et aujourd’hui tout le monde parle de véhicules électriques. Les Ivoiriens sont ouverts à la nouveauté et manifestent un réel intérêt que nous avons constaté jusqu’à Boundiali, lors de nos déplacements tests. C’est vrai que nous aurions aimé aller très vite, mais il est important de tenir compte de l’intérêt du gouvernement. Nous avons attendu que la réglementation se fasse. Je dirais que nous sommes à l’année zéro du démarrage des IRVE (Ndlr : Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques) et 2026 sera le point de départ. Nous sommes plus sur l’Afrique de l’Ouest, où nous avons des populations qui se ressemblent dans les différents pays. Nous sommes présents au Burkina Faso, au Sénégal et prochainement au Bénin. En dehors de cette zone, nous opérons au Gabon et bientôt au Cameroun. Notre objectif était de tester le marché ivoirien, de s’assurer du travail bien fait et de porter les couleurs du pays à l’extérieur.

La mobilité électrique est-elle accessible à tous ?

J’espère bien. C’est l’avenir. Toutefois, il faut être réaliste. Nous ne produisons pas nos véhicules. Ils viennent d’ailleurs et d’ici 2035, les constructeurs arrêteront le thermique. Les derniers véhicules à essence finiront en Afrique et quand il n’y aura plus de pièces, nous passerons à l’électrique. Le véritable enjeu, c’est de préparer cette transition et ne pas la subir. Passer à l’électrique du jour au lendemain serait un coût énorme pour l’usager. L’État doit agir sur la fiscalité comme au Bénin, où l’électrique entre sans frais de douane, dans le but de rendre cette mobilité accessible. C’est tout le sens de notre engagement au sein de l’Association pour la Promotion de l’Ecosystème de la Mobilité Electrique en Côte d’Ivoire (APEME-CI), réunissant les acteurs publics et privés pour encadrer les Infrastructures de recharge pour véhicules électriques.

Quid de la formation ? 

Nous sommes en discussion avec des écoles techniques et très bientôt, un centre de formation verra le jour sous l’impulsion de l’APEME-CI, afin d’offrir des formations qualifiantes et diplômantes.

Combien de bornes et véhicules électriques compte-t-on à Abidjan ?

Actuellement, nous comptons 30 points de recharge à Abidjan, visibles sur l’application Neo Charging. À cela s’ajoutent des bornes privées installées à domicile. Souffrez que je ne puisse donner le nombre de nos clients. Nous estimons à environ 300 le nombre de véhicules électriques en Côte d’Ivoire.

Quel est le coût moyen d’installation d’une borne de recharge ? 

Installer une borne de recharge privée, vous revient à 270 000 francs CFA. 

Quelle serait, selon vous, la clé pour réussir cette transition en Afrique de l’Ouest ?

Nos vœux c’est que la Côte d’Ivoire soit le hub de la mobilité électrique. C’est-à-dire maîtriser ce marché pour la sous-région, dans l’optique où nous avons suffisamment d’électricité pour y parvenir. Nous avons la possibilité de former notre jeunesse et en terme écologique, nous avons une responsabilité envers les générations futures. La planète est en souffrance et nous ne pouvons ignorer ce problème. C’est une grande responsabilité que la Côte d’Ivoire doit prendre et elle a raison de légiférer.

Pouvez-vous nous aider à comprendre les concepts « mobilité électrique » et « mobilité durable » ? 

La mobilité électrique, c’est une transition entre le véhicule thermique et l’électrique. Au lieu de l’essence, c’est l’électricité qui est utilisée, en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre et rendre le transport plus sain. Quant à la mobilité durable, c’est un ensemble de politiques visant à limiter l’impact environnemental des déplacements et améliorer la qualité de vie. C’est une transition écologique, mais aussi économique, car elle permet de réduire les coûts. Par exemple, Bassam-Yamoussoukro m’a coûté 5 000 francs CFA, là où une thermique m’aurait coûté minimum 20 000 F CFA. Aussi, la Côte d’Ivoire s’est engagée à avoir 10 % d’électrique dans son parc automobile d’ici 2035. Les bornes ont donc été adaptées aux réalités locales pour accompagner cette décision.

Interview réalisée par Hervée MONA

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