Nouveau rebondissement dans l’affaire des démolitions controversées intervenues, le 3 juin dernier, au quartier Campement, dans la commune de Koumassi. Alors que les opérations de déguerpissement avaient suscité une vive émotion au sein des populations sinistrées et alimenté un vaste débat sur les réseaux sociaux, le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan vient d’annoncer l’ouverture d’une enquête judiciaire visant le nommé Alloui Brou Jacques, présenté comme l’instigateur des destructions.
Dans un communiqué officiel rendu public ce mercredi 10 juin 2026, le parquet indique que les vérifications entreprises ont permis d’établir que la décision de justice brandie par l’intéressé pour justifier les démolitions ne lui accordait en réalité aucune autorisation de procéder à la destruction de constructions dans la zone concernée.
Selon les précisions apportées par le ministère public, la demande de démolition formulée par Alloui Brou Jacques avait été rejetée par le tribunal compétent. Plus encore, le contentieux dont il se prévalait ne concernait que cinq habitations, loin de l’ampleur des opérations observées sur le terrain. Ces révélations viennent fragiliser davantage les arguments avancés jusqu’ici pour justifier les destructions ayant affecté de nombreuses familles du quartier Campement.
Le procureur de la République estime que les faits reprochés sont susceptibles de recevoir plusieurs qualifications pénales, notamment celles de troubles à l’ordre public, de voies de fait et de destruction volontaire du bien d’autrui. Des infractions prévues et réprimées par plusieurs dispositions du Code pénal ivoirien.
Alloui Brou Jacques « introuvable » !
Face à la gravité des faits allégués, le parquet a instruit ses services d’engager sans délai des investigations approfondies afin d’établir les responsabilités. Le communiqué précise également que le nommé Alloui Brou Jacques fait actuellement l’objet de recherches actives des services compétents. À ce jour, il demeurerait introuvable.
Cette prise de position du ministère public intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la détresse de nombreuses familles ayant perdu leurs habitations, à la suite des opérations de démolition. Elle est également de nature à relancer le débat sur le respect des procédures judiciaires et administratives dans les opérations de déguerpissement, un sujet récurrent dans plusieurs communes du district autonome d’Abidjan.

En affichant sa détermination à faire toute la lumière sur les circonstances de ces destructions, le parquet entend manifestement envoyer un signal fort quant à la protection des droits des citoyens et au respect de l’État de droit.
Pour l’heure, les populations concernées restent suspendues aux conclusions de l’enquête annoncée. Une enquête dont les résultats sont désormais attendus avec attention, tant par les victimes que par l’opinion publique, alors que la justice promet que les auteurs de ces actes répondront de leurs responsabilités devant les juridictions compétentes.



