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jeudi 25 juin 2026
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Filière anacarde : 830 000 tonnes transformées ouvrent la voie au marché du carbone

La filière anacarde ivoirienne franchit une nouvelle étape dans sa quête de durabilité. Forte d’une capacité annuelle de transformation estimée aujourd’hui à plus de 830 000 tonnes de noix de cajou, la Côte d’Ivoire envisage désormais de valoriser le potentiel carbone généré par ses vergers et ses coproduits. Cette perspective était au cœur d’un atelier de réflexion organisé, ce mercredi, à l’initiative du Conseil Coton Anacarde Karité.

 « En 2025, la production nationale de noix de cajou est passée à 1 500 000 tonnes, dont 659 000 tonnes, soit 43 %, transformées localement. Aujourd’hui, il y a un rythme soutenu d’installation d’unités de transformation qui porte à plus de 830 000 tonnes la capacité annuelle de transformation », a indiqué le directeur général, à l’ouverture de l’atelier consacré à la valorisation du potentiel carbone de la filière. Cette performance industrielle constitue un levier stratégique pour engager la filière dans des mécanismes innovants de financement climatique. Avec près de deux millions d’hectares de vergers anacardiers et une production annuelle dépassant le million de tonnes, la Côte d’Ivoire dispose d’importantes capacités de séquestration du carbone grâce à l’agroforesterie, mais aussi d’un potentiel encore peu exploité de valorisation des résidus issus de la transformation.

L’atelier de réflexion tenu, le 24 juin 2026, visait précisément à présenter aux acteurs de la chaîne de valeur les opportunités offertes par les marchés carbone. Les échanges ont porté sur les conditions de faisabilité des projets carbone appliqués à l’anacarde, les mécanismes nationaux d’autorisation et d’accès aux financements, ainsi que les expériences en cours en Côte d’Ivoire et dans les pays voisins.

Les participants ont également examiné les perspectives de valorisation des co-produits de la filière, notamment les tourteaux de coques de cajou et le biochar. Ce dernier pourrait être utilisé comme amendement organique dans les exploitations cotonnières, contribuant à restaurer des sols agricoles dégradés, tout en générant des crédits carbone susceptibles de procurer des revenus additionnels aux producteurs.

Le directeur général du Conseil Coton Anacarde Karité a rappelé que, malgré les progrès accomplis, la filière demeure confrontée à des défis majeurs liés à la préservation du potentiel productif, à la protection des ressources naturelles et à la sécurisation des revenus des acteurs. « Le développement de l’agroforesterie dans les vergers anacardiers apparaît comme l’une des réponses adaptées aux effets du changement climatique », a-t-il souligné.

À travers cette initiative soutenue par la Banque mondiale, le Fair Climate Fund et le cabinet Nitidæ, la Côte d’Ivoire entend ainsi transformer son leadership mondial dans l’anacarde en un avantage compétitif sur le marché du carbone. Une ambition qui pourrait faire des vergers ivoiriens non seulement des sources de richesse agricole, mais aussi des réservoirs de valeur environnementale au service d’une croissance plus verte et plus résiliente.

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