À Boron, dans le département de Dikodougou, les bonnes pratiques promues par le Conseil coton, anacarde, karité commencent à porter leurs fruits. En appliquant de simples conseils techniques, Diomandé Korotoumou, productrice d’anacarde et épouse du chef du village, a triplé ses revenus en une campagne. Un témoignage fort qui illustre l’impact concret de la sensibilisation sur la qualité des noix de cajou.
D’un revenu de 75 000 francs, en 2025, elle est passée à 225 000 francs CFA, soit trois fois plus que lors de sa première récolte. Ce sont les confidences qu’a faites Diomandé Korotoumou, 52 ans, mère de huit enfants et productrice sur trois hectares, à Le Tamtam Parleur. Elle qui, au milieu de nombreux producteurs, participait à cette séance de sensibilisation sur les bonnes pratiques pour l’amélioration et la préservation de la qualité des noix brutes de cajou.
L’épouse du chef, un modèle de résilience
Pour en arriver là, l’épouse du chef du village de Boron explique que rien n’était gagné d’avance : «La première année, j’ai eu 75 000 F CFA et les années suivantes, pas grand-chose », confie-t-elle. La cause ? Une plantation trop serrée. « J’ai planté les pieds de manière trop rapprochée et ça ne produisait pas bien », explique-t-elle. Sur conseil reçu indirectement, l’agent de l’Anader ayant d’abord visité le champ de son époux, elle décide de couper certains pieds pour créer un espacement favorable au développement des arbres. Elle fait venir un scieur et réorganise sa parcelle. Les choses vont alors changer en 2025. Selon elle, après avoir mis en pratique une des bonnes pratiques en coupant ses pieds d’anacarde pour créer l’espace entre les pieds, elle a pu réaliser un revenu de 225 000 francs CFA. Pour cette année 2026, dame Diomandé Korotoumou est optimiste : « Je m’attends à avoir au moins 300 000 F CFA car les nouvelles techniques sont efficaces et je vais les mettre en pratique. »

Les bonnes pratiques
Au cours de cette mission de sensibilisation qui s’est tenue le mercredi 18 février 2026, les formateurs Dr Sibirina Soro et Klotioloma Soro ont appris à la centaine de producteurs et d’acheteurs de Boron les méthodes et stratégies pour des noix de cajou de qualité. Il s’agit notamment de bien nettoyer la plantation ; laisser le fruit tomber ; le ramasser tous les jours ou tous les deux jours ; séparer la noix de la pomme avec une ficelle ; faire le séchage sur les claies pendant deux à trois jours et procéder au triage pour enlever les corps étrangers et les noix défectueuses. Il faut ensuite mettre les noix sèches dans les sacs en jute distribués par le Conseil coton, anacarde, karité ; puis, les conserver sur des palettes dans des magasins bien aérés et étanches. Aux acheteurs, les experts ont expliqué les critères pour reconnaitre les bonnes noix de cajou, notamment le grainage, le taux d’humidité et le taux de défauts. Le sous-préfet de Boron, Placide Gnohou, qui a assisté à cette session jusqu’à son terme, a fait savoir aux producteurs dans son message d’ouverture qu’en respectant la qualité de leur production, ceux-ci protègent leur revenu, leur réputation et l’image de la Côte d’Ivoire. Le représentant du Conseil coton, anacarde, karité a pour sa part fait comprendre que le défi majeur est désormais de produire mieux. Produire de la qualité. Produire une noix de cajou propre, bien séchée, bien triée et conforme aux normes internationales. C’est la qualité qui détermine la valeur de notre produit.
À Boron, l’expérience de Diomandé Korotoumou devient un exemple. Elle démontre qu’au-delà des discours, l’adoption rigoureuse des bonnes pratiques peut transformer concrètement la vie des producteurs. Dans une filière où la qualité est désormais le principal défi, l’histoire de l’épouse du chef rappelle une vérité simple : produire mieux, c’est gagner plus.



