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mardi 29 septembre 2026
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Télévision ivoirienne : Il était une fois, Georges Taï Benson

Figure incontournable du paysage audiovisuel ivoirien, le journaliste et animateur Georges Taï Benson est décédé ce 25 septembre, à l’Institut de cardiologie à Abidjan, laissant derrière lui des décennies d’histoire télé et une empreinte indélébile
Un costume bien ajusté. Un micro à la main. Un sourire qui précède souvent la parole. C’est ainsi que le célèbre animateur des années 80, de ses initiales « GTB », se présentait à son public. Pendant des décennies, Georges Benson a occupé les plateaux de télévision comme s’il en connaissait chaque recoin.

​L’histoire entre l’animateur et la télévision débute, le 6 juin 1964. Fasciné par le talent du journaliste Joseph Diomandé, le jeune homme de 18 ans décide de tenter sa chance au concours de recrutement de la télévision nationale (RTI). Sans le diplôme du baccalauréat requis et n’ayant pas atteint l’âge légal, sa détermination force la décision du commis à l’inscription, qui fini par l’inscrire. Dans la même soirée, un communiqué diffusé à la télévision permet aux candidats n’ayant pas le baccalauréat de prendre part au concours. Le jeune Benson est retenu avec six autres candidats pour une formation en France. Une carrière vient de commencer.

De retour à Abidjan, Georges Benson s’impose rapidement par la qualité de ses prestations, sa rigueur au travail et sa capacité à rassembler les équipes autour de projets d’envergure. Sa maîtrise de l’antenne lui vaut de représenter la Côte d’Ivoire lors de grandes évènements nationaux et internationales, notamment l’animation d’émissions de prestige diffusées sur les antennes de TF1 en France, comme le «Téléviseur sans frontière ». 
De l’antenne à la découverte des talents 
La télévision ivoirienne est encore jeune, lorsqu’il y fait ses premières armes. Georges Taï Benson en devient progressivement l’un des visages familiers. « Benson reçoit », « Rythme et tradition » ou encore « Variétoscope » installent son style dans les foyers. Mais son travail ne s’arrête pas devant les caméras. Producteur, il a aussi accompagné des artistes, notamment Alpha Blondy, qu’il a révélé au grand public dans les années 80. Bien avant, il faisait découvrir Aïcha Koné aux mélomanes ivoiriens, lorsqu’il était le directeur des programmes de la RTI, au début des années 70.

En 2014, lors de la célébration de ses 50 ans de télévision au sein de l’Institut des Sciences et Techniques de la Communication (ISTC), Benson regarde son parcours avec fierté, tout en évoquant également ses blessures.

Benson ne voulait pas attendre la mort pour être reconnu. En 2014, il le disait sans détour. Il souhaitait recevoir les fleurs de son vivant. Cette phrase résumait peut-être son rapport à la reconnaissance. Il avait reçu des distinctions, mais cherchait celle qui correspondait, selon lui, à toute une carrière consacrée aux arts, à la culture et à la télévision.

Il avait aussi conscience que son époque touchait à sa fin. « Il faut laisser la place aux autres », expliquait-il. Il ne réclamait plus nécessairement une place à l’antenne.

Pendant près de soixante-deux ans, Georges Taï Benson aura ainsi traversé les générations sans vraiment quitter la télévision. Il y avait trouvé un métier, une famille professionnelle et une raison de rester en mouvement.

Ce 25 septembre 2026, le micro s’est définitivement éteint. Il reste les émissions, les souvenirs… Et cette voix qui, en 2014, demandait simplement que l’on n’attende pas son départ pour se souvenir de lui.

Hervée MONA

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