Les pionniers Pathé Ouédraogo (Pathé’O), Cissé Moussa (Ciss st Moïse) et Françoise Zahui (Miss Zahui) restent actifs. Ils œuvrent dans la formation, la valorisation du patrimoine textile et culturel africain et l’institutionnalisation de leurs marques.
Nos pionniers se révèlent aujourd’hui plutôt soucieux des jeunes générations. Pathé Ouédraogo fait de la transmission son plus important projet. La maison Pathé ’O accueille et forme des apprentis et des stagiaires de la nouvelle génération des stylistes et modélistes. Elle offre aussi des stages de longue durée aux lauréats des concours nationaux de mode, en partenariat avec le ministère de l’Enseignement technique de Côte d’Ivoire.
Idem pour Cissé Moussa alias Ciss St Moise. Il s’est, aussi, engagé dans la formation des jeunes couturiers et artisans ainsi que dans le développement des compétences dans le secteur du textile ivoirien. Son apport à l’artisanat national lui a valu d’être reconnu meilleur artisan en 2016 et de recevoir le prix national d’excellence du président de la République.
Hormis la transmission, nos couturiers ont mis en place d’autres initiatives de valorisation du textile africain et de la culture.
« Festival N’Zassa Mode » et reboisement des essences
Miss Zahui, dont les créations sont faites avec le textile végétal appelé « tapa » à base d’écorces d’arbres, a lancé un projet de reboisement d’essences, liant l’environnement et la mode. Il s’agit pour elle d’éviter que la fabrication du tapa détruise les arbres et mette à mal la ressource forestière. Et surtout, par cette action, elle compte continuer à disposer sur le long terme de cette matière première traditionnelle.
De son côté, Cissé Moussa a, pour ce qui le concerne, créé le « Festival n’zassa mode » depuis 2015, visant à promouvoir la mode africaine. Ce carrefour international abrite diverses activités : des défilés de mode réunissant des créateurs africains et internationaux ; des expositions de vêtements, de textiles et d’accessoires ; des conférences et tables rondes sur les enjeux de la mode africaine ; des concours destinés aux jeunes créateurs ; des séances de réseautage entre stylistes, entreprises et partenaires ; des animations culturelles, artistiques et musicales, etc. De nombreux jeunes talents y ont été révélés et l’évènement fut officiellement associé au Marché des arts et du spectacle d’Abidjan (Masa) 2016.
Ces pionniers ont aussi à cœur de transformer leur structure pour en faire des institutions durables. Pendant que Pathé’O met l’accent sur le développement de sa marque, la professionnalisation de son organisation et la protection juridique de son identité commerciale, le plus grand projet de Ciss st Moïse aura été l’installation à Koumassi d’une unité de production à grande échelle pour alimenter ses boutiques d’Abidjan.



