La Côte d’Ivoire et le Ghana franchissent un cap dans la lutte contre la fuite transfrontalière de l’anacarde. Réunis à Abidjan du 20 au 26 avril 2026 dans le cadre du partenariat « Cashew Partnership Ghana – Côte d’Ivoire », les deux pays ont affiché leur volonté commune de mieux encadrer les flux de noix de cajou, afin de protéger les producteurs et stabiliser les marchés.
Conduite par le Directeur exécutif du Tree Crops Development Authority (TCDA), Dr Andy Osei Okrah, la délégation ghanéenne a échangé avec le Conseil Coton Anacarde Karité et les acteurs de la filière ivoirienne. Au cœur des discussions : la circulation non maîtrisée des produits agricoles, notamment l’anacarde, qui alimente des pertes économiques importantes dans les deux pays.
Premier producteur mondial avec plus de 1,5 million de tonnes de noix de cajou brutes par an, la Côte d’Ivoire devance largement le Ghana, dont la production oscille entre 260 000 et 300 000 tonnes, le plaçant parmi les acteurs majeurs du continent. Cette proximité géographique et cette complémentarité font toutefois émerger un défi commun : la fuite des produits vers les pays voisins, favorisée par les écarts de prix et l’absence de mécanismes de régulation harmonisés.
Pour le Directeur général du Conseil Coton Anacarde Karité, Mamadou Berté, la réponse doit être collective. « Il est important que nous travaillions ensemble pour encadrer ces flux », a-t-il insisté, soulignant que cette situation fragilise les revenus des producteurs et désorganise les circuits de commercialisation. Une meilleure coordination permettrait également de renforcer la transformation locale, encore insuffisante au regard du potentiel des deux pays.
Même son de cloche du côté ghanéen. Son représentant a salué le modèle ivoirien de gouvernance de la filière, tout en réaffirmant la volonté du Ghana de s’en inspirer pour améliorer ses propres mécanismes de régulation. Les deux parties envisagent ainsi la mise en place de stratégies communes de commercialisation susceptibles d’influencer positivement le marché international de l’anacarde.
Au-delà des échanges institutionnels, la délégation ghanéenne multiplie les visites de terrain, notamment au Centre d’Innovations et des Technologies de l’Anacarde (CITA) et dans des unités de transformation à Yamoussoukro, avec l’ambition de s’approprier les bonnes pratiques ivoiriennes.
Face à un marché mondial de plus en plus concurrentiel, Abidjan et Accra semblent désormais convaincus d’une chose : seule une action concertée permettra de freiner la fuite de l’anacarde et de transformer cette richesse agricole en véritable levier de développement durable pour leurs économies.



