Les sachets et les bouteilles en plastique rejetés dans les rues envahissent le cadre de vie des Ivoiriens. Venance Konan dénonce cette pratique dans une chronique disponible sur sa page Facebook.
(…) Dans nos rues, nous voyons tous les jours des jeunes filles qui vendent de l’eau en sachets plastiques. Et nous voyons des chauffeurs, des passagers de gbaka en acheter pour se désaltérer. Et une fois l’eau consommée, nous jetons la bouteille ou le sachet dans la poubelle ou dans la rue. Plus souvent dans la rue, car il n’y a personne pour empêcher cela. Qui se soucie de ce qu’elle deviendra plus tard, cette bouteille ou ce sachet ? Personne. Eh bien, regardez autour de vous. Vous retrouverez votre bouteille ou votre sachet dans un caniveau, dans la rue, dans la broussaille, dans une décharge sauvage, un peu partout.
Je me souviens qu’il y a quelques années, il avait été question d’interdire les sachets plastiques. Comme de nombreux pays, tels que le Rwanda, l’ont fait. Il y eut une levée de bouclier des industriels qui fabriquaient ces sachets en plastique et la mesure fut oubliée. Alors, chaque fois que nous allons faire nos achats, on nous les sert toujours dans des sachets en plastique, bleus, noirs, rouges, de toutes les couleurs. Et une fois à la maison, on jette le sachet dans la poubelle, dans la rue, un peu partout. Et plus personne ne se préoccupe de ce que devient ce sachet en plastique. Eh bien, regardez autour de vous. Vous le reverrez. Partout. Dans la rue, dans les herbes, dans les caniveaux, à la plage, dans la mer, partout. Combien de temps prend un sachet ou une bouteille en plastique jeté dans la nature pour se désagréger ? Vous pouvez poser la question à n’importe quel moteur de recherche et vous aurez la réponse : entre 100 (cent) et 1000 (mille) ans selon le type de plastique. Les bouteilles et sacs plastiques mettent environ 450 ans à se décomposer tandis que les polystyrènes peuvent mettre plus de mille ans.
Vous direz que tout cela n’est pas grave. Parce que dans cent ans vous ne serez plus sur cette terre. Oui, mais en attendant, chaque jour vous augmentez le nombre de bouteilles et de sachets en plastique, chaque jour vous polluez encore plus vos cours d’eaux, vous bouchez davantage vos caniveaux, vous dégradez davantage votre environnement, et vous vous étonnez à chaque saison des pluies de la croissance des inondations et de leurs dégâts, de la violence des incendies, de la chaleur de plus en plus étouffante… Où que vous vivez, regardez simplement autour de vous. Observez vos caniveaux, regardez vos cours d’eau, vos plages, vos trottoirs, même quand vous circulez en voiture, regardez le bord de la route. Et vous découvrirez l’étendue du désastre. (…)
Venance KONAN, écrivain ivoirien, Grand prix littéraire d’Afrique noire (2012)
NDLR : Les titres et le chapeau sont de la rédaction



