Coulibaly Yacouba est un acheteur de noix de cajou à Ganaori, sous-préfecture à 35 Km de Boundiali. Il faisait partie de la centaine de producteurs et d’acheteurs que le Conseil coton, anacarde, karité formaient ce 19 février 2026 sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour l’amélioration et la préservation de la qualité des noix brutes de cajou. Le Tamtam Parleur s’est entretenu avec cet acteur clé de la filière anacarde sur les bénéfices de cette formation et le rôle de l’acheteur pour relever le défi de la qualité qui demeure l’objectif de l’Etat de Côte d’Ivoire.
Le Tamtam Parleur : Quel intérêt tirez-vous de la formation ?
Bakayoko Yacouba : C’est une formation qui nous arrange ; nous les acheteurs et les producteurs. Ça nous permet tous de savoir pourquoi c’est important de produire de l’anacarde de qualité et les bonnes pratiques qu’on doit désormais appliquer. Chacun obtient des connaissances pour améliorer son travail et gagner plus d’argent.
Comment faites-vous pour apprécier la qualité des noix avant d’acheter ?
A notre niveau, nous achetions sans regarder la qualité. Ce sont les patrons qui font ce travail de tri. C’est seulement en période hivernale que nous pouvons refuser certaines noix. Parce que nous constatons qu’elles sont noircies ou sont de petites tailles. Actuellement, nous achetons l’anacarde déjà mis dans les sacs sans trop de vérification parce que ce n’est pas encore la période des pluies donc les grains n’ont pas de problèmes.
Comment se fait votre travail d’acheteur ?
Il y a deux possibilités. La première possibilité c’est nous qui allons vers les producteurs. Quand il n’y a pas assez d’acheteurs sur le terrain nous leur demandons de sécher à nouveau l’anacarde et si c’est bien sec on leur demande de conditionner dans les sacs et nous achetons. La seconde possibilité se sont les producteurs qui viennent nous trouver dans nos magasins avec leur anacarde par petites quantités entre 5, 10, ou 50 kilos et nous achetons. Une fois que nous obtenons une bonne quantité, nous séchons et conditionnons dans les sacs en jute pour faire les livraisons. Mais souvent quand ces sacs manquent, nous utilisons des sacs en plastique et livrons à nos patrons à Boundiali.
Savez-vous que l’utilisation des sacs en plastiques est déconseillée par l’Etat ?
Je le sais. Mais si nous laissons notre stock de produit dans le magasin sans conditionner, des gens peuvent venir prélever des quantités à notre insu. SI nous étalons l’anacarde dans les maisons, pour attendre les sacs, il y a les termites qui rongent les grains et détruise une bonne partie.
Est-ce vous –même qui revendez directement aux exportateurs ?
Nous avons nos grands patrons qui sont à Boundiali. Ce sont eux qui nous financent pour acheter. C’est à eux que nous revendons. Nous faisons des stocks de 5, 10, 20 tonnes et ils envoient des camions pour venir transporter.
Vous arrive-t-il de payer à crédit aux producteurs ?
Oui. Mais cela arrive lorsque l’anacarde ne trouve pas de preneurs faute d’argent et qu’il y a blocage. C’est en ce moment que nos patrons trouvent souvent des partenaires qui ont besoin d’anacarde mais qui ne pourront payer qu’après la livraison. Nous proposons aux producteurs d’acheter à crédit. Ceux qui ont confiance en nous acceptent vendre et après quand l’argent vient nous les payons. Certains producteurs donnent une partie de leur stock dans l’espoir de vendre l’autre partie au cash malgré le prix qui leur sera proposé ; et il y en a aussi qui cèdent tout leur stock.
Quelles sont vos difficultés en tant qu’acheteurs ?
Notre problème actuellement c’est que les producteurs ne savent toujours pas bien sécher l’anacarde. Mais malgré souvent la mauvaise qualité, ils peuvent vendre rapidement parce que la demande est forte. Les acheteurs courent après les producteurs pour payer leur production. Nous pensons que si les acheteurs comprennent qu’ils doivent acheter que les noix de bonne qualité et refuser la mauvaise qualité, les producteurs seront obligés de mieux appliquer les techniques pour avoir des noix de cajou propre et bien séchées.

A combien achetez-vous l’anacarde aux producteurs et le revendez-vous ?
Nous avons un contrat de 10% de commission avec nos partenaires pour qui nous achetons. Pour la campagne dernière de 2025 lorsque le prix officiel était de 425 FCFA/Kg, nos patrons nous fixaient le kilogramme à 435 FCFA et nous l’achetions aux producteurs au prix normal. Nous gagnions 10 F CFA sur chaque kilo.
Combien a été votre revenu après la campagne dernière ?
J’ai pu réaliser quelques petits projets. J’ai acheté une moto à 650 000 FCFA et construit mon magasin à au moins 600 000 FCFA.



