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Parenté à plaisanterie en Côte d’Ivoire : quelles sont les ethnies alliées ?

En Côte d’Ivoire, la parenté à plaisanterie est une pratique beaucoup répandue. Toutes les occasions sont bonnes pour les personnes alliées de se faire des blagues, moqueries amicales, taquineries, insultes ritualisées amicales, etc.

Bonne humeur entre des alliés
Bonne humeur entre des alliés

« Carte des alliances interculturelles et parentés à plaisanterie en Côte d'Ivoire ». C’est le titre d’une étude publiée dans le journal Dezan volume 2, en décembre 2017. Elle établit la carte de la parenté à plaisanterie de plusieurs ethnies ivoiriennes sur l’ensemble du territoire.

Ainsi, dans le septentrion du pays, les Sénoufos ont pour parents à plaisanterie les Yacoubas/Dans, Koyakas, Lobis, Gouros, Mahoukas, Koulangos et Anos. Les Koyakas partagent ces liens de parenté avec les Sénoufos, Djiminis, Koulangos, Tagwanas, Anos et Godés. Puis, il y a l’alliance des Lobis avec Sénoufos et Koyakas.

Tandis qu’à l’Ouest, les Yacoubas/Dans ont pour principaux alliés les Sénoufos, Gouros, Djamalas, Tagwanas et Mahous. Dans le Sud, l’on retrouve les Attiés dont les alliés sont Didas, M'Battos, Kroumens et Bakwés. On y trouve également les Didas qui entretiennent des relations avec les Attiés, Abbeys, Abidjis, Kroumens, Godiés et Allandians.

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Lorsque qu’on revient dans le Centre, on rencontre là aussi un large éventail d’alliances ethniques. Les Anos font alliance avec les Sénoufos, Koyakas, Djiminis, Baoulés, Godés, Agnis, Barbos, Binis et Bonas.

Quant aux Baoulés, bien qu’étant une ethnie de référence, ils n’ont que les Anos, Agnis et Godés comme alliés. Les alliés des Gouros sont les Peulhs, Yacoubas/Dans, Sénoufos, Tagwanas, Djamalas et Djiminis.

Enfin les Godés qui ont pour parentés à plaisanterie les Djamalas, Didas, Baoulés, Anofoués, Koyakas, Monas, Wans et Tagwanas.

Senoufo, Gouro, Dan et Lobi célèbrent leur alliance à l'espace Figayo en août 2026.

Sénoufo, Dan, Lobi et Gouro célèbrent leur alliance à la place Figayo en août 2026

Les alliances inter-aires culturelles

Les quatre grandes aires culturelles de la Côte d’Ivoire ne sont pas en reste. Des liens d’alliance ethniques existent entre ces aires culturelles. D’après les actes du colloque de l’Unesco de 2003 sur le thème : « Royautés, chefferies traditionnelles et nouvelles gouvernances », certaines de leurs ethnies pratiquent la parenté à plaisanterie entre elles.

L’étude de l’Unesco présente cette réalité comme des ponts. Ainsi, on trouve le pont entre Gur et Mandé. Avec la parenté liant les Sénoufos aux Yacoubas, Gouros, Koyakas, Mahous, Lobis et Koulangos.

Ensuite, le pont formé par le trio Mandé-Gur-Krou. Donnant lieu à l’alliance entre Gouros et Yacouba/Dans, Sénoufos, Tagwanas, Djamalas, Djiminis, Peulhs et Wês/Guérés. Vient également le couple Krous-Akans qui met les Didas au cœur de plusieurs alliances.

Particulièrement, avec les Attiés, Abbeys, Abidjis, Godiés, Kroumens et Allandians. Le dernier pont inter-aire est le duo Akan-Gur. Dans lequel les Anos sont alliés aux Sénoufos, Koyakas, Djiminis, Baoulés, Godés et Agnis.

Quand l’allié de mon allié est mon allié !

On se rend compte également qu’au sein des alliances, il y a des catégories. C’est le cas de l’alliance par transitivité. Elle est illustrée dans le lien entre les Wês et les Yacouba/Dans.

En effet, ces deux ethnies sont devenues alliées du fait de leur parenté commune aux Gouros. Historiquement, elles ne sont pas liées. Ce sont plutôt les Wês qui, à l’origine, sont alliés aux Gouros. Qui à leur tour sont alliés aux Yacouba/Dans.

La naissance des alliances

Selon les experts, la majorité des alliances ivoiriennes les plus importantes sont associées à des conflits anciens. C’est cette mémoire que l’alliance transforme en mécanisme de paix. Et la plaisanterie n’est que la manifestation visible de nos jours de ces réalités anciennes basées sur les pactes, obligations, interdits, solidarité, etc.

Les études récentes sur les alliances ethniques indiquent plusieurs mécanismes historiques qui sont à l'origine des pactes. Il s’agit, entre autres, des conflits liés à l'enlèvement ou à la possession des femmes, aux guerres et conflits armés, aux conquêtes territoriales, migrations.

Ces mécanismes s’étendent également aux conflits liés à la transhumance, aux mariages, aux voisinages et autres pactes de sang... Le pacte Dida-Abbey en est une illustration.

Les recherches montrent qu’il aurait été scellé par un pacte de sang associé à un interdit matrimonial entre les deux groupes. Il s’agit de l’interdiction de se marier entre eux.

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