«En bourse, je conseillerai deux secteurs», Israël Kouamé, expert
Avec 47 entreprises cotées et une capitalisation boursière qui avoisine les 20 000 milliards de FCFA, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) offre des opportunités d’investissement encore peu exploitées par les particuliers.
Le Tamtam Parleur : Qu’est-ce que la BRVM et quel est son rôle ?
Israël Kouamé : La BRVM est un marché qui met en relation deux catégories d’acteurs. D’un côté, les Etats et les entreprises qui recherchent des financements ; de l’autre, les épargnants, particuliers ou entreprises, qui souhaitent faire fructifier leur capital. Les premiers viennent lever des fonds et les seconds placer leur épargne avec l’objectif d’obtenir un rendement. La Bourse constitue donc une alternative au financement bancaire.
Combien d’entreprises sont actuellement cotées ?
La BRVM compte 47 entreprises cotées. Une trentaine sont ivoiriennes, tandis que les autres proviennent des différents pays de l’espace UEMOA.
Quels sont aujourd’hui les secteurs les plus porteurs ?
La BRVM a organisé le marché autour de plusieurs secteurs d’activité. Mais, pour un investisseur débutant, je retiendrais particulièrement deux secteurs : le secteur financier, notamment bancaire, et celui des télécommunications. Le secteur bancaire présente un intérêt important en raison du poids des établissements financiers dans l’économie régionale. Le deuxième secteur porteur est celui des télécommunications, qui bénéficie notamment de la croissance continue des services numériques et de la consommation de données. La capitalisation des 47 entreprises cotées atteint environ 20 000 milliards de FCFA. Cinq entreprises représentent à elles seules près de la moitié de cette capitalisation : Sonatel, Orange Côte d’Ivoire, Société Générale, Ecobank et Coris Bank. Ces grandes valeurs contribuent fortement à tirer le marché vers le haut.
Un salarié gagnant 300 000 FCFA peut-il investir en Bourse ?
Oui. Certains titres sont accessibles avec quelques milliers de francs CFA. Mais avant d’investir, il faut organiser son épargne en trois étapes. D’abord, une épargne destinée aux dépenses courantes. Ensuite, une épargne de précaution, généralement équivalente à environ trois mois de revenus, pour faire face aux imprévus. Ce n’est qu’après avoir constitué ces deux réserves qu’il est pertinent de consacrer une troisième épargne à l’investissement boursier.
Comment débuter concrètement ?
Il faut commencer par se former : apprendre à analyser les entreprises, déterminer son profil d’investisseur et définir une stratégie. Ensuite, il faut ouvrir un compte auprès d’une société d’intermédiation agréée, souvent proposée par les grandes banques. C’est à travers ce compte que l’investisseur pourra acheter et vendre des titres.
Quelle différence entre une action et une obligation ?
L’action est un titre de propriété : elle donne une participation dans une entreprise. L’obligation, elle, correspond à une créance. L’investisseur prête son argent à l’émetteur et reçoit, selon les conditions prévues, des intérêts et le remboursement du capital.
Quels sont les principaux risques ?
Il existe notamment le risque de défaut de paiement, particulièrement pour les obligations, mais aussi le risque de moins-value lorsque la valeur d’un titre baisse. La volatilité peut également entraîner d'importantes variations de cours. Pour réduire ces risques, il faut notamment diversifier ses investissements et adapter les produits choisis à son profil. Les obligations peuvent, selon leurs caractéristiques, offrir une plus grande stabilité que certaines actions, mais elles ne sont pas pour autant sans risque.
