24.4 C
Abidjan
jeudi 3 septembre 2026
AccueilÉconomieCôte d'Ivoire/ JNCC 2026 : l’avenir du cacao ivoirien au centre des préoccupations

Côte d’Ivoire/ JNCC 2026 : l’avenir du cacao ivoirien au centre des préoccupations

A l’occasion des 10es Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC) ouvertes, ce mardi 1er septembre 2026, les acteurs ont surtout discuté du problème crucial de l’avenir du cacao ivoirien pour les prochaines années. Nous avons pu vivre une cérémonie riche en couleur et en émotions. Avec l’annonce du prix du kilogramme du cacao fixé à 1200 FCFA pour la campagne principale 2026-2027 ; la remise des prix aux producteurs et les expositions.

La 10e édition des JNCC organisée du 1er au 3 septembre est consacrée à la jeunesse et à la recherche. Elle a mobilisé tous les acteurs de la filière à savoir gouvernement, producteurs, négociants, chocolatiers, experts, banquiers, partenaires financiers et techniques. Yves Brahima Koné, DG du Conseil café cacao, situant l’enjeu de cette édition dira : « Nous avons fait le constat que le verger est vieillissant et les producteurs aussi.  L’âge moyen des producteurs, selon notre recensement, est de quarante ans ». Ajoutant qu’il convenait donc de mettre l’accent sur les actes en faveur des jeunes et le verger national. Selon toujours Yves Brahima Koné, l’avenir des vergers réside dans la recherche. « C’est elle qui permettra d’aller vers des vergers de petite taille et productifs ; d’avoir des semences performantes à haut rendement et de mettre au point des produits phytosanitaires de qualité… », a-t-il fait savoir. Puis, il a exhorté les jeunes à s’investir dans la cacaoculture, tout en leur promettant le soutien du Conseil du café cacao. Les acteurs présents à cette 10e édition des Journées nationales du cacao et du chocolat sont convaincus qu’en dédiant la présente rencontre à la jeunesse et à la recherche, cela vise à maintenir la Côte d’Ivoire à son rang de premier producteur mondial du cacao. Cette politique vise aussi à garantir une filière moderne et performante pour l’avenir.

« Produire les fèves ne suffit plus… »

Présidant la cérémonie d’ouverture des JNCC 2026, le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a rendu hommage à 1,2 million de producteurs ivoiriens. Il a surtout insisté sur la place importante qu’occupe le cacao dans l’économie nationale. Selon lui, c’est grâce à leurs efforts que la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial du cacao. Et de rappeler que le cacao représente 17% du PIB de la Côte d’Ivoire et 40% de sa main-d’œuvre active. Le ministre est ensuite rentré dans le vif du sujet qu’est l’avenir du cacao. Pour le ministre, préparer l’avenir est une responsabilité qui s’adresse à tous les acteurs et au pays en tant que leader mondial du cacao. Face au défi de l’avenir, il a invité les acteurs de la filière à répondre à la question suivante : quel cacao voulons-nous transmettre à la jeune génération ? En guise de réponse, il a estimé qu’il est nécessaire de relever les défis que sont : un revenu décent et régulier ; une production intensive qui préserve les terres et qui soit traçable ; la transformation et la fabrication du cacao, etc. Le ministre va plus loin, ajoutant que la Côte d’Ivoire doit être reconnue pour son savoir-faire dans la fabrication des produits chocolatiers. « Produire la fève ne suffit plus. Notre prochaine étape ne doit plus être les volumes, mais celles des valeurs », soutiendra-t-il. Et pour réaliser cet objectif, il faudrait agir. Bruno Koné fixe les grandes orientations. Il s’agit entre autres : d’étendre les marchés, rajeunir les vergers et susciter l’intérêt des jeunes générations pour la cacaoculture. S’adressant aux jeunes à qui est dédiée cette édition des JNCC, le premier responsable du secteur agricole du pays leur lance ceci : « le cacao de demain c’est la plantation mais aussi le numérique, la commercialisation, le marketing etc. Préparez-vous à occuper ces emplois ». Il assure à ses interlocuteurs que l’Etat les aidera par la formation et les financements. Bruno Koné challenge à nouveau les jeunes. « Votre génération doit faire de la Côte d’Ivoire, un pays reconnu par la qualité de son cacao et pourquoi pas comme premier fabricant du chocolat ».

Les meilleurs producteurs 2026

Le ministre Souleymane Diarrassouba remet à la meilleure productrice féminine 2026, son trophée.

Comme cela se fait chaque année, les lauréats des concours et prix spéciaux ont été rendus publics. Pour le concours international d’excellence cacao 2026, Sanon Bounni et Klossail Patrick ont obtenu chacun un bronze award. L’argent award a été remporté par la station de recherche du CNRA. Le prix spécial Abdoulaye Fadiga de la meilleure productrice de cacao a été décernée à Fofana Salimata. Originaire de Gbapleu (Duékoué), elle a produit 77 tonnes de fèves au cours de l’année écoulée. Elle s’est vue remettre une enveloppe de 1 000 000 F CFA et un camion de marque ISUZU. Au niveau des meilleurs producteurs nationaux de cacao, les producteurs Gbohou Ignace (Duékoué) ; Achiépi Achiépi (Adzopé) et Yao Konin (Abengourou) sont respectivement 1er, 2e et 3e avec une production de 76, 46 et 44 tonnes. Les trois lauréats ont reçu, en outre, comme récompense de leurs efforts, en espèces 3, 2 et 1 millions, ainsi que d’importants lots matériels. Pour la campagne 2025-2026, la meilleur société coopérative nationale est SCOOP YA ARRAH d’Abengourou classée première ; en deuxième position SOCABA COOP SA de Gagnoa et SOCAS-CI de Yamoussoukro classée troisième. La structure en tête a reçu 5 000 000 F CFA et un camion Isuzu.

Des exposants se lâchent

La particularité de la JNCC c’est aussi le marché de la créativité ; l’exposition des produits finis locaux du cacao, notamment le chocolat. Le Tamtam parleur a échangé avec quelques exposants. Traoré Fatima, responsable de Pemms Chocolat, estime que l’éloignement du site d’exposition est source de difficultés. « L’éloignement avec les communes pose un problème de transport lié aux embouteillages », se plaint-elle. Avec son équipe, elle aurait payé 12 000 FCFA la course avec un VTC pour l’aller simple au Parc d’exposition. Il lui faudra payer six fois un montant similaire ou plus jusqu’à la fin de l’évènement. Malheureusement, cette exposante n’est pas assurée de faire des recettes. « Il y a un manque d’affluence du public. Les ventes ne sont pas bonnes parce que les visiteurs ne sont pas nombreux », s’inquiète-t-elle. Dame Traoré plaide pour une relocalisation sur un site à proximité du public. Viviane Kouamé est lauréate Gold award de l’Africa Supply Chain Excellence 2026, en Afrique du sud. Cependant, pour la maître chocolatière, les choses se passent plutôt bien. Elle apprécie l’occasion qu’elle a de rencontrer des acteurs de la chaîne du cacao tels les coopératives et autres intervenants. Quelle place pour le café dans les JNCC ? Arinola Abiala expose des produits du café. Mais notre jeune exposante n’est pas totalement satisfaite. Elle a plutôt un souhait. Celui de voir les produits du café être valorisés. « Il y a également autant de produits dérivés du café », relève-t-elle. Dans la foulée, nos yeux tombent sur un stand où il est écrit : ‘’Chocolat de Daloa’’. Le nom assez original attise notre curiosité. Nous y trouvons un jeune, la trentaine, portant des dreads locks. Il s’appelle Sadia Diomandé et est fabricant de produits chocolatés innovants. Pour Sadia, il n’y a aucun doute, les artisans sont en train d’évoluer, au regard des innovations et du branding qu’on peut voir à cette foire.

Articles Similaires
spot_img

Articles Populaires

commentaires recents