Capitaine emblématique des Éléphantes, figure respectée du rugby français et militante du sport féminin africain, Andréa Dirabou-Kouassi a bâti, loin des projecteurs, l’une des carrières les plus marquantes du rugby ivoirien moderne.
Née en 1990 à Abidjan, Andréa Dirabou-Kouassi découvre le rugby plus jeune, à une époque où la pratique féminine reste marginale en Côte d’Ivoire. « Quand j’ai commencé, il n’y avait presque pas de modèles féminins. On jouait par passion, sans trop se poser de questions », confiait-elle à un confrère de la presse sportive. Sur les lignes qui mènent au rugby, Andréa s’est laissé happer par un autre sport : la lutte.
Des débuts dans la lutte
En 2008, Andréa fait le choix de s’installer en France pour poursuivre à la fois ses études à l’université de Lille et sa carrière sportive. Une fois sur place, c’est plutôt la lutte qui l’emballe. Andréa se forme à ce sport individuel, rude et exigeant, qui façonne très tôt son mental. Sur les tapis, elle apprend la discipline, la résistance à l’effort, la maîtrise du corps et le combat au contact, autant de qualités qui lui permettent de devenir championne de France nationale de lutte libre. Mais derrière cette satisfaction transpire toujours la passion pour le rugby qui finit par prendre le dessus.
Une expérience hexagonale construite dans la constance
Le passage de la lutte au rugby permet à l’athlète de découvrir une nouvelle manière de s’exprimer : non plus seule face à l’adversaire, mais au service d’un collectif. Sa solidité au plaquage et sa capacité à gagner les duels attirent rapidement l’attention des encadreurs techniques. En 2012, Andréa rejoint Lille Métropole Rugby Club Villeneuvois, où elle évoluera au poste de pilier pendant plus d’une décennie. Entre 2012 et 2024, Andréa Dirabou-Kouassi devient une joueuse cadre, reconnue pour sa solidité en mêlée fermée et son leadership dans le vestiaire. En 2022, elle reçoit en France un prix de fair-play, distinction rare qui récompense autant la joueuse que la femme. Ce leadership-là, Andréa a décidé de le mettre au service de son pays d’origine.
Capitaine des Éléphantes, symbole d’une génération
Parallèlement tà son parcours en club, Andréa devient un pilier de la sélection nationale ivoirienne féminine. Elle en porte le brassard de capitaine, lors de plusieurs campagnes continentales, notamment en Rugby Africa Cup féminine entre 2019 et 2023. Sous son leadership, les Éléphantes gagnent en crédibilité sur la scène africaine. Si les résultats restent parfois modestes face aux grandes nations du continent, l’état d’esprit change.
Elle devient alors un visage, autant qu’un bras fort, pour le rugby féminin ivoirien. Après plus d’une décennie de haute compétition, Andréa Dirabou-Kouassi a mis fin à sa carrière en avril 2025. « Mon ambition, c’est de développer le rugby féminin en Côte d’Ivoire », a-t-elle fait savoir.



