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jeudi 22 janvier 2026
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Cités universitaires: Des résidences toujours pas accessibles

Alors que des milliers d’étudiants continuent de chercher des solutions pour se loger depuis la fermeture des cités universitaires en octobre 2024, les perspectives de réouverture restent incertaines.

Fermées depuis octobre 2024, les cités universitaires de Côte d’Ivoire ne sont toujours pas accessibles aux étudiants, malgré l’urgence d’un besoin criard en hébergement. Annoncés pour fin août dernier, les travaux de réhabilitation progressent difficilement, sans qu’un calendrier précis ne soit communiqué. Le directeur des Œuvres Universitaires, de la Vie Associative et du Genre (DOUVAG), Docteur Daouda Sidibé, a reconnu que les entrepreneurs rencontrent des difficultés techniques et financières inattendues, qui retardent la réouverture. Une situation qui prolonge l’incertitude pour des milliers d’étudiants désormais livrés au marché locatif, inabordable pour la plupart.

La fermeture des cités universitaires a été décidée dans un contexte de troubles universitaires. En octobre 2024, l’assassinat d’un membre de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) a déclenché une vaste opération de déguerpissement. Les autorités ont justifié cette mesure par la nécessité d’assurer la sécurité des campus et de libérer des chambres occupées illégalement.

À Abidjan, Bouaké et, récemment Daloa, des milliers d’étudiants ont dû quitter leurs chambres, sans qu’un plan de relogement alternatif ne soit prévu.

Le second argument avancé concerne la vétusté et l’insalubrité des infrastructures. Même si certaines résidences ont été reconstruites dans les années 2010, à l’accession à la magistrature suprême du président Alassane Ouattara, qui a souhaité des infrastructures modernes pour répondre aux besoins de la formation et au développement de la Côte d’Ivoire. Ainsi, des chambres délabrées qui ne répondaient plus aux normes minimales d’hygiène et de sécurité, ont fait peau neuve.

Pour les étudiants, cette fermeture soudaine les a  exposés de nombreuses difficultés. Entre autres, l’absence de dortoir, surtout pour ceux venant de l’intérieur du pays. Ils se sont retrouvés sans toit du jour au lendemain. D’autres ont dû s’installer sous des tentes de fortune près des amphithéâtres ou louer des chambres précaires à prix fort, a fait savoir Katia, étudiante au département d’Anglais de l’université Félix Houphouët Boigny.

Des cités en chantier

Un an après, la colère reste vive dans certaines villes. À Daloa, par exemple, les pensionnaires de la cité universitaire Kalilou (640 lits) disent avoir été expulsés fin juillet 2025, pour cause de réhabilitation. Le Centre régional des œuvres universitaires (CROU) avait promis de nouveaux logements pour la rentrée 2025-2026, mais rien n’est prêt pour l’heure.

Les travaux de réhabilitation annoncées par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique concernent plusieurs cités. A savoir Abidjan les quatre résidences (Mermoz, Cité Rouge, Cité de la Riviera 2 et le campus de Cocody) sous la gestion du CROU A1, tous dans la commune de Cocody et les bâtiments d’Abobo, Williamsville et d’Adjamé 220 gérés par le CROU A2. Il y a aussi celles des campus 1, campus 2 et la cité forestière de Bouaké. Daloa avec ses six petites résidences sous la tutelle du CROU D.

Les travaux, confiés à des entreprises locales, portent notamment sur la remise à neuf des chambres, des blocs sanitaires, des installations électriques et des réseaux d’eau.Toutefois, selon les autorités, des imprévus techniques et financiers ralentissent l’avancée des travaux. Le ministère n’a pas fourni de chiffres précis sur le nombre de lits en cours de rénovation ni sur les enveloppes budgétaires mobilisées.

Un déficit d’hébergement

Au-delà de la fermeture, la situation révèle un déficit. La Côte d’Ivoire compte plus de 323 000 étudiants dans ses universités, mais les cités n’offrent que quelques dizaines de milliers de lits. Avant octobre 2024, seuls quelques étudiants bénéficiaient de logementsen résidences universitaires. Ce déséquilibre a favorisé des occupations illégales, parfois organisées à travers des réseaux de sous-location informelle, appelés «cambodgiens». La fermeture des cités a donc déplacé le problème sans y apporter de réponse durable.

À ce jour, aucune date officielle n’a été avancée pour la réouverture des cités. Plusieurs scénarios sont envisagés : une reprise progressive, par blocs de résidences rénovées, ou une réouverture simultanée lorsque l’ensemble des chantiers seront achevés.

Pour certains étudiants comme Martial Kouamé impatient de retourner en résidence universitaire, la situation actuelle impose une refonte de la politique de logement étudiant. Il recommande la mise en place d’une stratégie nationale intégrant la construction régulière de nouvelles cités, la rénovation systématique des infrastructures existantes et un mécanisme d’attribution plus transparent.

Les cités universitaires de Côte d’Ivoire, situées essentiellement à Abidjan, Bouaké, Daloa, Korhogo, Man et San-Pédro, constituent le principal dispositif d’hébergement pour les étudiants dans les universités publiques. Construites pour la plupart entre les années 1960 et 1970, ces résidences sont gérées par les centres régionaux des œuvres universitaires (CROU), sous la Direction des Œuvres Universitaires, de la Vie Associative et du Genre (DOUVAG)

Hervée MONA

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